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Faits divers – Justice

Journée internationale de la non-violence : le combat d'Hadjira, dont le frère est mort poignardé pour rien

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Le 6 août dernier, à Fontaine, près de Grenoble, Hadjira Fellague a perdu son frère de 23 ans, Redouane, tué pour ne pas avoir dit correctement "bonjour" à un homme qu'il connaissait depuis l'enfance. Un acte de violence gratuite, un de plus, après Kevin et Sofiane, Luc, Grégory, Adrien et Olivier.

Hadjira Fellague dénonce la violence gratuite qui a tué son frère et qui gangrène notre société
Hadjira Fellague dénonce la violence gratuite qui a tué son frère et qui gangrène notre société © Radio France - Véronique Pueyo

Fontaine, France

C'est aujourd'hui la journée internationale de la non-violence. Dans l'agglomération grenobloise, depuis le 2 octobre 2012, cette journée a une résonance particulière. C'était la date de la marche blanche organisée après les meurtres de Kevin et Sofiane, battus à mort à Echirolles fin septembre 2012, par une bande de jeunes.

Poignardé pour avoir mal dit bonjour

Depuis, chaque année, il y a toute une série d’événements organisés dans l'agglomération grenobloise pour lutter contre la violence et pour apprendre à vivre en paix.  Parmi les participants à cette journée symbolique, Hadjira Fellague. Son petit frère Redouane, âgé de 23 ans, a été mortellement poignardé en août dernier à Fontaine par une connaissance parce que pour lui dire bonjour, il ne lui avait pas tendu la main, mais le coude ! Le meurtrier, âgé de 24 ans, s'est rendu à la police, en expliquant qu'il ne l'avait pas fait exprès. Il a été incarcéré. 

Le dernier mot de Redouane avant de mourir : pourquoi ?

Redouane venait d’être papa. Il laisse une femme, un bébé et une famille dans le chagrin et le deuil. Hadjira s'exprime posément mais dans sa voix, la fêlure du chagrin affleure quand elle évoque son petit frère : "On a grandi ensemble, on était très proches. Il était drôle, plein de vie, toujours là pour les autres, plein de projets. Je ne réalise toujours pas que je ne le reverrai jamais ! Celui qui l'a tué a détruit une famille, mes parents sont détruits, mon grand-père a enterré son petit-fils, cela n'est pas dans l'ordre des choses. Le dernier mot de Redouane avant de mourir, allongé sur un trottoir, a été : Pourquoi ?"  

Hadjire et Redouane, au temps du bonheur et de l'insouciance.  - Aucun(e)
Hadjire et Redouane, au temps du bonheur et de l'insouciance. -

Hadjira se tait un instant, submergée par l'émotion puis reprend : " Après Kevin et Sofiane, on avait dit : plus jamais çà. Et la liste des morts pour rien a continué de s'allonger. Luc, Grégory, Adrien, Olivier, Redouane. Que font les autorités pour que çà s'arrête ? On est le pays des Droits de l'Homme, la 5ème puissance mondiale, et l'Etat ne sait pas protéger la population ? Il n'y pas que dans les quartiers qu'il y a de la violence gratuite. Aujourd'hui, n'importe où, pour un mot de travers, on peut sortir une arme. "

Pour une justice moins laxiste

A la question, que faudrait-il faire, Hadjira répond : "Nous, les familles de victimes, on est un peu perdu. Les marches blanches, çà réchauffe le cœur, mais après, on est seul avec notre douleur. Pour Redouane, nous avions fait une marche blanche, aussi... Faire de la prévention, éduquer les enfants, oui. Mais la justice devrait surtout être moins laxiste. Le meurtrier de mon frère, il va prendre combien ? Lui, il va ressortir un jour, continuer sa vie. Nous, on a pris perpétuité."

Ecoutez le témoignage poignant d'Hadjira Fellague.

Hadjira Fellague a décidé de se battre pour qu'on n'oublie pas son frère, victime innocente de la violence gratuite qui gangrène notre société. 

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