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Faits divers – Justice

Jugé pour avoir tué son bébé en le secouant

Le bébé avait deux mois quand il est mort de graves lésions cérébrales en avril 2016 au CHU de Caen. Ses parents sont jugés pendant trois jours par la cour d'assises du Calvados. Ils comparaissent également pour des violences sur leur premier enfant aujourd'hui âgé de six ans.

La cour d'assises du Calvads juge un jeune couple pendant trois jours, lui pour coups mortels, elle pour non dénonciation.
La cour d'assises du Calvads juge un jeune couple pendant trois jours, lui pour coups mortels, elle pour non dénonciation. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Caen, France

Pour les deux enfants, le syndrome du bébé secoué ne fait aucun doute. Le plus jeune en est mort le 22 avril 2016 au CHU de Caen. L'aîné en a lui aussi été victime, mais placé à la demande de ses parents alors qu'il n'avait que trois mois, il a survécu et aujourd'hui du haut de ses six ans, il assiste de loin au procès de ses parents.

Des parents aux parcours de vie fracassés

Deux jeunes gens âgés de 28 ans, qui se sont rencontrés en 2013, après des parcours de vie fracassés l'un et l'autre. Elle, victime d'un père et d'un beau père incestueux, enchaînant les galères, atterrit à Caen et le rencontre dans un foyer pour SDF. "Il m'a écoutée, je me sentais comprise enfin, je me suis entièrement donnée à lui", rougit-elle. Lui, c'est un enfant adopté à l'âge de trois ans, par une famille aimante et bienveillante, mais qui a un très lourd passé de violences familiales derrière lui. Ses parents naturels sont tous deux en prison pour la mort d'un enfant. 

Derrière la façade, les violences conjugales

La jeune fille tombe enceinte très vite, le couple sort de la rue et s'installe dans un HLM à Caen. "C'était enfin la belle vie, sourit-elle. Bientôt le bébé, l'appartement, son travail dans les espaces verts". Mais derrière la façade, se cache une réalité beaucoup plus sordide. "On  voyait bien qu'elle se maquillait beaucoup", confie une travailleuse sociale. La jeune femme qui  ne demande pas d'aide à l'époque le reconnait aujourd'hui : "Dans le quartier, on m'appelait la boxeuse". L'enfant est âgé d'à peine trois mois quand ses parents, fait rarissime, demandent qu'il soit placé. 

Le grand frère victime de violences lui aussi

C'est certainement ce qui a sauvé ce petit garçon âgé aujourd'hui de six ans. Car une experte explique à l'audience qu'il a lui aussi été victime de secouement. "C'est trop tôt pour dire s'il en gardera des séquelles, explique son avocate Sabrina Simao, mais déjà il a un problème ophtalmologique, symptomatique des bébés secoués." Des violences que le père réfute catégoriquement. La mère, elle, dit n'avoir rien remarqué. Il n'y a qu'elle qui voit l'enfant aujourd'hui. Une fois par mois dans un lieu neutre. "Mais les visites ne sont pas toujours régulières et souvent elle ne vient pas sans prévenir", tempère une travailleuse sociale.

"J'ai un problème avec les cris de bébé"

Le petit frère né trois ans plus tard aura lui à peine dépassé les deux mois d'existence. A sa naissance, le couple est séparé. Lui condamné pour violence, n'a plus le droit d'approcher son ex. Mais ils se voient en cachette. "La prison l'avait changé" se justifie-t-elle. Envers elle peut-être, mais pas envers l'enfant. "C'est vrai que j'ai un problème avec les cris de bébé" reconnait-il. Et un jour, il a secoué très fort raconte-t-il.  Il remarque ensuite les yeux révulsés du bébé et qu'il a du mal à boire son biberon. La mère non. Elle le lui laisse même en garde le jour de la mort. 

Lésions cérébrales considérables et côtes fracturées

Quand elle rentre, elle a l'impression qu'il dort. En fait, il est en arrêt cardio respiratoire. Elle appelle les pompiers en panique, l'enfant décède dans l'après midi au CHU. Le rapport du légiste est accablant. Des lésions cérébrales considérables qui ont entraîné la mort et des blessures plus anciennes aux côtes. "17 sur 24 sont fracturées". Mais la mère maintient qu'elle n'a rien vu. Même sur ces photos projetées en fin d’audience, où on voit le bébé les sourcils tout froncés lancer un regard noir à son père. Des photos qui la font sourire, mais qui laissent à tout le monde dans la salle un goût amer.