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Jugé pour l'assassinat de sa locataire à Nancy : Monsieur tout-le-monde ou froid calculateur ?

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Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu
Nancy, France

Son procès s'est ouvert ce mardi devant la Cour d'assises de la Meurthe et Moselle : un chauffeur de taxi nancéien est jugé pour assassinat. Les faits remontent à l'été 2013. L'homme de 46 ans est accusé d'avoir jeté du 4e étage l'une de ses locataires qui avait des retards de loyer.

L'affaire est jugée à la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle
L'affaire est jugée à la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle © Maxppp -

Ce mardi, au premier jour du procès de Christophe V. devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, le tribunal s'est notamment intéressé à la personnalité de l'accusé. C'est le portrait d'un homme "normal" qui s'est dessiné. **En tout cas en apparence.

Un monsieur tout-le-monde, avec barbichette et petites lunettes. Il parle d'une voix polie, s'exprime de manière réfléchie, et se raconte volontiers. Il revient **sur son enfance, classique, entre une mère employée et un père géomètre. Son "paternel", comme il l'appelle, qui n'aurait jamais été satisfait de lui. Quand il parle de lui, il a du mal à retenir ses larmes.

Mais la présidente le reprend : "Ce que vous nous racontez là, assène-t-elle, c'est une enfance banale." Elle note : "La majorité des gens qu'on a interrogé n'ont rien à dire sur vous, parce qu'ils ne vous connaissent pas."

Une vingtaine d'appartements en plus de son travail de taxi

Derrière cette image lisse et grise, un autre portrait se dessine pourtant, à travers notamment son rapport au travail et à l'argent. En plus de son activité de taxi, il achetait aussi des appartements - presque de manière compulsive. Au moment des faits, il en possédait une vingtaine, et il travaillait jour et nuit pour payer les crédits de ce mini-empire immobilier qu'il disait avoir voulu bâtir pour l'avenir de ses deux filles. L'une de ses avocates, Dominique Boh-Petit, raconte comment elle perçoit son client.

Me Boh-Petit

C'est quelqu'un qui a perdu les pédales, et qui, à un moment, n'arrivait plus à faire au moins une chose bien : il n'arrivait plus à faire son travail de taxi, il n'arrivait plus à gérer ses immeubles, il n'arrivait plus à prendre en charge ses enfants, il n'arrivait plus à organiser des vacances. Il faisait un peu tout et n'importe quoi.

Des conquêtes multiples, et des propositions indécentes

Il craque, d'ailleurs, parfois, par exemple face un client qui ne veut pas payer sa course : il a d'ailleurs été condamné deux fois pour violences. Le quadragénaire multiplie aussi les conquêtes, et trompe ses compagnes successives, notamment sur des sites de rencontre. Plusieurs témoignages relatent des propositions indécentes qu'il aurait faites à des clientes ou à des locataires. Et il faisait vraisemblablement une fixation sur la victime, contre laquelle il avait "la haine", selon les mots de certains témoins. Notamment parce qu'elle ne payait pas son loyer ; ce qui fait dire à Me Alain Behr, avocat des parties civiles, que l'on ne peut pas parler "de personnage banal".

On est en présence d'un accusé qui a étranglé sa locataire, qu'il a jetée du quatrième étage. C'est quand même quelque chose qui sort de l'ordinaire ! (...) Je pense que les débats démontreront que derrière tout ça, il y avait ce goût de l'argent qui prévalait sur la valeur humaine. Ce qui faisait qu'il lui était insupportable d'imaginer un seul instant qu'on puisse ne pas lui payer ses loyers.

Me Behr

La victime avait également porté plainte contre lui dans une autre affaire classée sans suite, ce qui aurait nourri les griefs de l'accusé contre elle. D'ici vendredi, les jurés vont devoir déterminer s'ils ont face à eux un homme épuisé qui a fini par disjoncter, ou quelqu'un dont l'acte était froidement calculé.

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