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Faits divers – Justice

Jugé pour le meurtre de sa femme, il se dit victime de violences conjugales

mardi 28 novembre 2017 à 6:09 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu

Un marin-pêcheur de 35 ans est jugé par la cour d'assises de l'Hérault pour le meurtre de sa femme. À Sète, le 7 septembre 2015, il l'a étranglée alors qu'elle était enceinte de quatre mois parce que, selon lui, il était victime de violences conjugales.

Le procès pour meurtre dure 3 jours
Le procès pour meurtre dure 3 jours © Radio France - Salah Hamdaoui

Sète, France

Un marin-pêcheur de Sète est jugé depuis ce lundi par la cour d'assises de l'Hérault pour le meurtre de sa femme qu'il a étranglée alors qu'elle était enceinte de quatre mois. Les faits remontent au 7 septembre 2015.

Dans cette affaire, le crime ne fait pas débat. Abderrahim Arab, Marocain arrivé en France en 2011 juste après son mariage, ne conteste rien. "J'ai gâché la vie de tout le monde : ma vie, la vie de ma femme et la vie de sa famille", dit-il en expliquant qu'il regrette d'avoir commis l’irréparable.

Enfer conjugal pendant quatre ans

Ce qui fait débat, c'est le mobile du crime puisque l'accusé affirme que son épouse, Ouassima, lui faisait vivre un véritable enfer. Un enfer conjugal. Elle l'humiliait sans cesse, l'insultait, le méprisait et même le frappait.

Les proches de la victime affirment le contraire : c'est lui qui maltraitait sa femme, âgée de 25 ans quand elle a été tuée. Certains d'entre eux, partie civile, viendront le dire à la barre ce mardi.

Aux jurés, l'accusé raconte qu'elle lui avait confisqué ses clefs de la maison et l'obligeait parfois à dormir dehors. Qu'elle lui avait confisqué ses papiers, l'empêchant ainsi d'aller rendre visite à sa famille restée au Maroc.

Privé de tout, ou presque

Toujours selon lui, il était privé de téléphone portable, de carte bancaire, n'avait pas le droit de conduire la voiture et quand elle partait, il lui arrivait d'emmener avec elle la télécommande et le câble de la télévision.

Il n'avait pratiquement pas de vêtements alors que son épouse, qui était également sa cousine, avait une garde-robe très fournie.

Et puis il y avait l'argent du ménage qu'elle, et elle seule, avait le droit de gérer. Marin-pêcheur, Abderrahim gagnait environ 2.000 euros par mois, le chèque était encaissé par sa femme, qui ne travaillait pas.

Après le crime, les enquêteurs ont trouvé 630 euros sur le compte d'Abderrahim alors qu'il y avait 45.000 euros sur les différents comptes de Ouassima.

C'était elle, l'homme

"À la maison, c'est elle qui portait la culotte!". En quelques mots le président Cayrol résume les rapports qu'entretenaient l'accusé et la victime. Un accusé décrit comme quelqu'un de travailleur mais très timide, incapable de se prendre en charge. Un homme soumis, à la personnalité dépendante.

La président de la cour cherche à comprendre pourquoi il a laissé faire? Pourquoi il n'a pas divorcé? "Parce que c'était ma femme" répond tout naturellement l'accusé. Il n'en avait pas connu d'autres avant elle, à part quelques prostituées reconnait-il tout honteux.

Il y avait aussi son fils, aujourd'hui âgé de 6 ans.

Le syndrome de la cocotte-minute

"J'ai enduré, j'ai enduré et puis j'ai explosé" parvient-il à expliquer aidé par un interprète. Dans la bouche de Danielle Cany, experte- psychologue, c'est le "syndrome de la cocotte-minute": des frustrations qui s'accumulent avant une réaction très violente.

"Il faut se méfier des faibles."

Le Dr Danan, expert-psychiatre