Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Jugée aux assises pour avoir laissé son bébé mourir de faim : "Je regrette tout ce qui s'est passé"

-
Par , France Bleu Orléans, France Bleu

C'est un procès douloureux qui se déroule en ce moment, et jusqu'à vendredi, devant les assises du Loiret, à Orléans, dans lequel une mère de famille de 41 ans comparait pour avoir laissé mourir de faim et de soif son nourrisson, alors âgé de sept mois. Portrait d'une mère accusée du pire.

La cour d'assises du Loiret a condamné Leila Zemouri à six ans de prison
La cour d'assises du Loiret a condamné Leila Zemouri à six ans de prison © Radio France - Anne Oger

"Je tiens à m'excuser pour le moment pénible que vous allez passer. Je regrette tout ce qui s'est passé." La voix serrée et les larmes aux yeux, Julie, l'accusée, qui comparait libre, adresse ces quelques mots aux juges et aux jurés, dès le début de l’audience. 

Madame "tout-le-monde"

À la barre, Julie, une quarantaine d'années, c'est un peu madame "tout-le-monde". Les cheveux bruns soigneusement tressés, un petit pull de laine fin et un pantalon noir, donne l'image d'une femme propre sur elle. À chaque prise de paroles, l'accusée réfléchit, pèse chaque mot. Sur le banc des accusés, elle garde la tête baissée, mouchoir à la main, et sanglote souvent lorsqu'on évoque ses enfants, son jeune frère défunt ou encore son enfance difficile.

Une enfance difficile 

Issue d’une famille assez aisée, son père est pilote de ligne et sa mère femme au foyer, Julie est leur deuxième enfant. Née avec une malformation de la hanche, elle passe les deux premières années de sa vie à l'hôpital, et lorsqu'elle arrive dans le foyer parental, la situation est très difficile. À la barre, la sœur de l'accusée, Claire, témoigne : "Mes deux parents étaient violents, mais d'une manière différente. Mon père physiquement et psychologiquement et ma mère psychologiquement."

Ma mère savait que notre père était violent mais préférait garder le silence

Les parents se séparent finalement alors que Julie n'a que trois ans. Mais la situation reste compliquée, les deux petites filles suivent leur mère partout en France au grès de ses rencontres amoureuses, et subissent les violences de leur père pendant les vacances. À la barre, les larmes aux yeux, l'accusée se souvient : "Ma mère savait que notre père était violent, elle préférait garder le silence pour ne pas se faire remarquer." Et d'ajouter : "Ma mère est très attachée aux apparences, elle ne s'est jamais beaucoup occupée de nous."

"Nœud familial"

Une situation qui ne s'arrange pas au fil des années. AÀ l'adolescence, la maman de Julie décide de mettre sa fille en internat dans un couvent du sud de la France, avant de la mettre définitivement à la porte quelques mois avant son baccalauréat. Son père, quant à lui, décide de ne plus accueillir ses filles pendant les vacances. 

Ce que mes filles représentent pour moi ? Une erreur !

À la barre, le vieil homme droit comme un "i", parle de sa relation avec ses filles : "Elle est mauvaise c'est sûr, on ne s'est pas vus depuis quatorze ans." À la question de la Présidente, "que représentent vos filles pour vous ?", le père répond du tac au tac : "une erreur". Sur le banc des accusés Julie éclate en sanglots. 

Quatre enfants 

À l'âge adulte, le lourd passé familial continue de peser. Julie mène une vie instable faite de déménagements, de rencontres et de ruptures amoureuses difficiles, de petits boulots et surtout de grande précarité

Malgré tout, Julie a un premier enfant, Arthur, d'un père qui refuse de le reconnaître. Puis elle a trois autres enfants avec Sergio : les jumeaux Elio et Rose et le petit Tahiel, mort le 13 décembre 2015. 

Une mère aimante...

Et malgré le drame, c'est le portrait d'une mère aimante qui se dessine au fil des témoignages. "Maman, bien sûr elle était gentille avec moi", dit Arthur, 14 ans aujourd’hui, dans un témoignage lu à la cour. À la barre, Sergio, est d’accord avec le petit garçon : "Julie a été une très bonne maman, c’est important de le dire." 

Maman, bien sûr elle était gentille avec moi

Tour à tour, la maîtresse d'école d'Arthur, la kinésithérapeute du petit Elio, un ami proche de la famille ou encore les beaux-parents de l'accusée partagent le même avis : "Julie est une bonne maman. Elle aime ses enfants." 

Mais dépassée et dépressive 

Mais Julie est une maman, seule, séparée depuis peu de Sergio au moment de la mort du bébé, et dépassée aussi. Le psychologue qui a examiné l’accusée, est catégorique : "Julie n’est pas une psychopathe, elle est atteinte d’un syndrome dépressif ancien et chronique qui peut entraîner une forme d’altération dans le contrôle de ses actes."

Une dépression chronique qui expliquerait donc, en partie, comment l’accusée a pu priver de soins et de nourriture son bébé de 7 mois en décembre 2015. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu