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Jugés à Orléans pour recel sur les Champs-Elysées, cinq Gilets Jaunes évoquent "un moment de faiblesse"

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu Pays d'Auvergne

Cinq Gilets Jaunes venus de Montluçon (Allier) ont comparu ce vendredi matin à Orléans, ils avaient récupéré des objets issus de pillages sur les Champs-Elysées lors de la manifestation du 16 mars 2019. Le procureur a réclamé pour chacun 105 heures de travail d'intérêt général. Jugement en janvier.

Le magasin Hugo Boss des Champs-Elysées réclame aux prévenus une facture de 5 891 € pour la réparation de la vitrine saccagée
Le magasin Hugo Boss des Champs-Elysées réclame aux prévenus une facture de 5 891 € pour la réparation de la vitrine saccagée © Maxppp - Aurélie Ladet

Ils s'appellent Carole, Nathalie, Patricia, Stéphane et Virginie. Tous habitent en Auvergne, à Montluçon. Âgés de 29 ans à 60 ans, ils sont au RSA ou travaillent pour un salaire qui n'excède pas les 900 euros par mois. 4 d'entre eux ont casier judiciaire vierge. Le 16 mars 2019, ils ont participé à la manifestation des Gilets Jaunes à Paris, qui a tourné au saccage des Champs-Elysées.

Mais eux ne sont pas des "casseurs" : ils se sont contentés de récupérer des objets issus des magasins, abandonnés sur le trottoir ou jetés par les pilleurs. Leur manque de discrétion, lors de leur voyage retour à bord du Paris-Bourges, a provoqué leur interpellation en gare des Aubrais, un voyageur ayant appelé la police.

Ils avaient récupéré des vêtements, un collier et un mousseur à lait

Ce vendredi matin, devant le tribunal correctionnel d'Orléans, le groupe a comparu pour "recel". Leur "butin" : des vêtements Hugo Boss et Celio, un collier Swarovski, un mousseur à lait Nespresso. "Vous étiez peut-être venus à Paris pour défendre des idées, mais vous êtes surtout revenus avec des biens de consommation", a ironisé le procureur, Christian Magret.  

Les 5 Gilets Jaunes (dont 4 étaient présents à l'audience) plaident leur bonne foi et expliquent tous que "ce n'était pas du tout calculé". "On a eu un moment d'hésitation, raconte Carole, les casseurs disaient que ce qui ne serait pas ramassé serait brûlé... Aujourd'hui encore, je ne m'explique pas mon geste, mais je réalise que notre mouvement a été parasité par les casseurs." Patricia évoque "un moment de faiblesse" ; Stéphane, lui, reconnaît "avoir été simplement pris par la tentation".

Le procureur veut 105 heures de TIG, les avocats une dispense de peine

Pour le procureur, "cette affaire doit être remise à sa juste place : il ne s'agit pas ici de juger un mouvement, ni un moment de l'Histoire." Pour autant, insiste-t-il, "le recel est toujours détestable car il ne fait qu'alimenter la délinquance des autres : en l'occurrence, cela n'a pu que renforcer l'excitation des casseurs." Et de conclure : "Je ne vais pas réclamer le prix fort, mais la juste sanction, qui doit tenir compte de la situation financière des prévenus. Je ne demande donc pas de sanction pécuniaire mais une peine de réparation." A savoir, pour chacun des prévenus : 105 heures d'intérêt général, soit 3 semaines de travail à effectuer dans un délai de 18 mois - ou, en cas d'inexécution, 2 mois de prison.

Un réquisitoire que les avocats parisiens des prévenus estiment beaucoup trop sévère. "La juste sanction, répètent-ils, ce ne peut être ici que la dispense de peine. Parce que ces femmes et cet homme ont déjà payé avec leur garde à vue, parce que le contexte de ce jour-là ne peut pas être ignoré : il y a eu un effet de sidération qui explique leur comportement." Le tribunal rendra son jugement le 25 janvier prochain.

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