Faits divers – Justice DOSSIER : Les migrants de Calais

Jungle de Calais : des associations humanitaires devant le tribunal pour demander des mesures d'urgence

Par Cécile Bidault, France Bleu Nord et France Bleu jeudi 29 octobre 2015 à 17:41

La jungle de Calais où vivent plusieurs milliers de migrants
La jungle de Calais où vivent plusieurs milliers de migrants © Maxppp

Ce jeudi, plusieurs associations humanitaires ont assigné l'Etat, la ville de Calais, et l'agence régionale de santé, en justice. Elles demandent au juge des référés de prononcer des mesures d'urgence, pour améliorer les conditions de vie des 6000 réfugiés de la jungle de Calais.

L'audience a duré deux heures. Le juge des référés, c'est à dire de l'urgence, a écouté les arguments des associations présentes, notamment Médecins du monde, le Secours catholique, la Ligue des droits de l'Homme, la CIMADE. Elles demandent à la justice de contraindre l'Etat, sous 48 heures, à prendre des mesures pour les 6000 personnes qui vivent dans des conditions précaires, dans la jungle de Calais.

Atteinte aux droits fondamentaux

Pour les associations, le droit à la vie n'est pas respecté. Elles affirment qu'il n'y a que trois points d'eau, sur les 18 hectares de la lande, qu'un seul repas par jour est servi aux réfugiés, et que l'accès aux soins est largement insuffisant. Elles dénoncent également "un traitement inhumain et dégradant", avec seulement une soixantaine de latrines pour 6000 personnes, et l'absence de bennes à ordures. Les associations demandent que le juge ordonne des mesures pour améliorer ces conditions.

Les arguments de Patrice Spinosi, l'avocat des associations.

Patrice Spinosi, l'avocat des associations humanitaires

Pour l'Etat, "il n'y a pas d'urgence"

A l'audience, l'Etat a reconnu que la situation était difficile, mais sa représentante affirme que des mesures ont déjà été prises, comme l'augmentation des moyens humains au centre Jules Ferry, l'installation en cours de tentes chauffées, l'arrivée de médecins en renfort. Mais sa représentante se défend devant le juge : "tout cela ne se fait pas en 48h".

Le juge rendra sa décision lundi.

Des représentants d'associations devant le tribunal - Radio France
Des représentants d'associations devant le tribunal © Radio France