Faits divers – Justice

Jungle de Calais : la justice dira vendredi si elle ordonne ou non la fermeture des commerces

Par Eric Turpin et Camille Labrousse, France Bleu Nord et France Bleu mercredi 10 août 2016 à 15:56

Un commerce dans la Jungle de Calais
Un commerce dans la Jungle de Calais © Radio France - Eric Turpin

La préfecture du Pas-de-Calais a saisi mercredi matin le tribunal administratif pour obtenir l'autorisation de fermer 72 commerces dans la Jungle de Calais. Elle met en avant les problème de sécurité et d'hygiène. La décision sera rendue vendredi.

Le tribunal administratif de Lille a examiné vendredi matin la demande de la préfecture du Pas-de-Calais qui souhaite fermer 72 restaurants et commerces dans la Jungle de Calais avant leur destruction et la remise en état des lieux. La décision sera rendue vendredi.

Problèmes d'hygiène et de sécurité

La préfecture argumente sur l’absence de respect des règles d’hygiène et de sécurité du public. Elle parle de viande avariée, de risque d'incendie avec les bonbonnes de gaz. Elle évoque aussi les rackets et les affrontements entre les gérants de commerces qui exploitent des petites mains. Elle dénonce la vente de lames de cutter utilisées ensuite pour découper les bâches des camions qui vont en Angleterre. La préfecture estime aussi que les restaurants sont des lieux de vente illégaux.

Sa procédure devant la justice est la suite logique de l'opération de contrôle réalisée mi-juillet pendant trois jours dans la Jungle de Calais. Une soixantaine de commerces avaient été contrôlés et une vingtaine de personnes interpellées. 30 m3 de marchandises diverses dont 19 kg de produits avariés avaient été détruits.

Mais pour les associations, ces restaurants et ces épiceries sont vitaux pour la survie des migrants de Calais. Elles servent 60% des repas. Les 40% restants sont assurés par les migrants eux-même qui font quelques courses mais surtout par ces restaurants.

Des commerces indispensables 

« Les restaurants et épiceries jouent un rôle important, notamment parce qu'il y a plus de monde que les capacités de l'Etat et des associations de distribution de repas », explique François Guennoc, vice-président de l'Auberge des migrants, l'une des associations présentes sur la Jungle. Le centre Jules Ferry distribue une fois par jour 3 100 à 3 500 repas, ce qui représente un tiers des besoins.

« Les files d'attente sont aussi sources de tensions et de rixes. Alors certains migrants préfèrent dépenser un peu d'argent, 2 ou 3 euros pour un repas, dans un restaurant plutôt que d'attendre pendant trois heures », poursuit François Guennoc.

La situation alimentaire est tendue depuis deux à trois mois à cause de l'augmentation du nombre de migrants à Calais. Les associations avancent le chiffre de 7.000 migrants présents dans la Jungle. La préfecture du Pas-de-Calais a compté 4.700 migrants au mois de juin.

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