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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Jusqu'à trois mois ferme de prison pour les débordements en marge de la manifestation des gilets jaunes à Saint-Étienne

mercredi 5 décembre 2018 à 23:42 Par Octavie Couchard, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Trois hommes sont passés en comparution immédiate devant le tribunal de Saint-Étienne mercredi 5 décembre. Ils ont été interpellés samedi 1er décembre, lors de la manifestation des gilets jaunes, et sont accusés d'avoir dégradé des biens publics. Trois hommes qui n'ont jamais porté de gilets jaunes.

Le tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne
Le tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne © Radio France - Jeanne Marie Marco

Saint-Étienne, France

Les trois hommes convoqués devant le tribunal ce mercredi 5 décembre sont accusés d'avoir mis le feu à des détritus, d'avoir provoqué l'incendie d'un chalet du marché de Noël place Anatole France et d'avoir commis un vol par effraction dans une supérette lors d'une scène de pillage.

Trois jeunes hommes, âgés de 19, 20 et 24 ans, qui se trouvaient tous les trois en marge de la manifestation, sans revendications et sans porter de gilets jaunes. 

Le premier prévenu est un jeune homme de 19 ans, sans papier et sans domicile, et au casier judiciaire vierge. Il est accusé d'avoir volé des bouteilles d'alcool dans une supérette en marge de la manifestation de ce samedi. Il a pris la fuite lors de l'arrivée des forces de l'ordre et a tenté de se cacher dans un salon de coiffure en s'asseyant dans l'un des fauteuils. Il est interpellé sur place et il est placé en détention depuis ce lundi 3 décembre. Le jeune homme, qui ne parle pas très bien le français, nie le vol : "J'ai juste participé à la manifestation", explique-t-il. Une explication difficile à entendre pour la partie civile et la procureure : "Sa présence dans le cortège est douteuse, il nie et en plus il jette l'opprobre sur les forces de police en les accusant de viol". "Je voulais juste être avec les gens", justifie le jeune homme. La procureur requiert 10 mois de prison ferme, il est finalement condamné à 3 mois de prison ferme.

"Ce n'était pas la fête, ce n'était pas le carnaval"

Le second est un jeune garçon de 20 ans, qui arrive dans le box timidement. On lui reproche d'avoir mis le feu à une poubelle dans la rue Michel Rondet. Si lors de son audition avec les forces de police il n'avait pas reconnu, il avoue tout devant le tribunal : "J'ai trouvé la poubelle et je l'ai brûlé". Lors de son interpellation, il était en possession d'un sachet de cannabis et fortement alcoolisé. "Mettre le feu a des poubelles a été un petit jeu très répandu le week-end dernier, pour faire le spectacle", décrit la procureur qui demande 8 mois de prison dont 6 avec sursis. Ce sera finalement 6 mois de prison avec sursis intégral.

Le troisième jeune homme est âgé de 24 ans, déjà condamné à deux années de prison en 2016. Il aurait mis le feu à un chalet du marché de Noël de la place Anatole France samedi. "J'ai mis le feu à une poubelle entre le chalet et les voies du tram", explique-t-il. "Et sans réfléchir, vous mettez le feu, pour faire comme tout le monde ?", questionne la procureure. "C'était pour participer à cet effet de foule, il n'y avait que des casseurs dans la rue", tente de se justifier le jeune homme. Des arguments qui peinent à convaincre la procureur, "Ce n'était pas une fête, ce n'était pas le carnaval", gronde-t-elle. La procureur requiert 12 mois de prison. "Il faut garder la raison", pour l'avocat du prévenus, "il était à visage découvert, il ne voulait pas faire un incendie criminel". Le jeune écope de 8 mois de prison.

"On a interpellé des personnes facile à attraper"

Les trois prévenus avaient tous le même avocat, qui n'a cessé de plaider l'action faite dans le mouvement. Il n'hésite pas à comparer ses clients comme des moutons qui suivent le troupeau. "Moi j'ai le sentiment, mais je n'ai pas une vision globale de toutes les personnes qui ont été interpellées, en tout cas pour ceux que je défend, ce ne sont pas les personnes qui ont le plus semé le trouble. J'ai la sensation qu'on a interpellé les personnes les plus faciles à interpeller _et on n'est pas allé chercher les personnes qui posaient le plus de problème, après cela renvoie aux difficultés d'interpellation qu'ont les forces de polic_e", détaille l'avocat. Il reconnait que ces clients n'ont pas agit correctement, mais selon lui, il n'y a pas de dégâts dans ce qu'on reproche à ses clients.

Onze personnes avaient été interpellées samedi en marge de la manifestation des gilets jaunes à Saint-Étienne. Certaines doivent êtres jugés dans les prochaines semaines, d'autres en avril.