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Faits divers – Justice

Justice : la ruralité en question au procès du coq Maurice à Rochefort

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Un couple de résident secondaire de Saint Pïerre d'Oléron n'en peut plus d'entendre chanter tôt le matin, Maurice le coq de leurs voisins. Devant le tribunal d'instance, ce jeudi matin leur avocat a dénoncé les nuisances sonores anormales. Les propriétaires de Maurice, eux ont défendu la ruralité.

Maurice, fier comme un coq dans les bras de sa maîtresse, Corinne Fesseau
Maurice, fier comme un coq dans les bras de sa maîtresse, Corinne Fesseau © Radio France - Jules de Kiss

Rochefort, France

Au procès du coq Maurice, ce jeudi matin à Rochefort, les plaignants étaient absents. Le couple Biron, des résidents secondaires de Saint Pierre d'Oléron, ne supporte plus d'être réveillé très tôt, par le chant du coq de leurs voisins. Une situation qui dure depuis 2014 et qui n'a pas pu déboucher sur une conciliation, faute de dialogue entre les Biron, et les Fesseau propriétaires de Maurice, le coq. 

Une pétition de 130.000 signatures 

Les deux parties se sont donc retrouvées devant le tribunal d'instance de Rochefort, mais la pression médiatique a fait reculer les plaignants. Ces derniers mois, l'affaire est devenu le symbole de la défense de la ruralité : plus de 130 000 personnes ont signé les pétitions lancées par Coco Fesseau sur internet, des élus ont pris position. Dominique Bussereau, le président du conseil départemental de la Charente-Maritime, président des départements de France a même apporté son soutien ce jeudi matin sur les réseau sociaux : "Tous solidaires avec le coq Maurice, et je ne plaisante pas".  

Ce dossier est celui des nuisances sonores, pas de la ruralité : Le bruit d'une voiture ou d'une tondeuse, ce serait pareil. Me Herbreteau défenseur des plaignants 

Pourtant, les Birons ne sont pas des "bobos" venus de la ville. Ils vivent à 15 km de Limoges, lui est ancien mécanicien agricole "ils ont eu des animaux, leurs enfants ont des animaux, ils ne sont pas opposés aux animaux" affirme leur avocat Me Herbreteau, ils ne demandent pas le départ du coq. Ce qu'ils veulent, c'est dormir tranquille, entre 6h30 et 8h30. Or le poulailler est à 3 mètres de la fenêtre de leur chambre. "Ce dossier est celui des nuisances sonores, pas celui de la ruralité, c'est un problème de bruit" pour leur avocat Vincent Herbreteau. "Ça pourrait être le bruit d'une voiture ou d'une tondeuse, ce serait pareil". Il insiste "on a déplacé le problème sur un conflit entre ruraux et citadins, ce n'est pas le cas". 

Me Herbreteau rappelle que le couple Biron, des habitués de l'Ile d'Oléron a fait construire sa maison en 2003, avant l'arrivée du coq, sur un lotissement situé en zone urbaine sur le plan d'occupation des sols : "Saint-Pierre-d'Oléron est la plus grosse commune de l'île d'Oléron, la neuvième du département de la Charente-Maritime avec près de 7.000 habitants en hiver et 35.000 en été." Ce n'est pas la campagne assène l'avocat des plaignants

Arrêtez de dire que les territoires ruraux, c'est la ville. C'est ce que nous dit l'Etat depuis des années pour ne plus nous filer du pognon et nous laisser crever - Me Papineau, avocat des propriétaires du coq 

Des propos qui font sortir de ses gonds son adversaire, Me Papineau : "je suis abasourdi, on ne connait pas le même endroit". Pour l'avocat Saint Pierre d'Oléron est une commune où l'on vit "comme des gens simples, comme des gens ruraux". Les habitants y pêchent le poisson, cultivent leurs légumes : "c'est pour ça que les gens veulent y vivre".  Et il ajoute, en ironisant : "Je ne suis pas sûr que les plaignants se sont dits : on va acheter une maison à la ville sur l'île d'Oléron". 

A la sortie de l'audience, Julien Papineau, ancien élu d'opposition à Saint Pierre d'Oléron déclarera même "Toutes les problématiques que vivent les territoires ruraux se retrouvent à Saint Pierre d'Oléron. Arrêtez de dire que les territoires ruraux, c'est le centre ville ! C'est ce que nous dit l'Etat depuis de nombreuses années pour ne plus nous filer de pognon et nous laisser crever". Il insiste aussi sur le manque de preuves caractérisant le "trouble anormal" mais reconnait que le chant du coq puisse troubler le couple de plaignants. Un huissier est venu faire un constat du 24 au 26 avril, "3 jours sur les 4 ans d'age du coq". "Le coq chante 2 jours sur 3, de manière aléatoire et non permanente, et ce n'est pas quelque chose qui assourdit" assène Me Papineau. 

La preuve, le voisin le plus proche ne s'en plaint pas, et l'huissier évoque juste un bruit "encore perceptible" à quelques mètres de la fenêtre. Il conclut en annonçant que le couple Fesseau abandonne toute demande de dommages et intérêts ou remboursements de frais pour lui même ou pour le coq, et demande simplement que soit versée une somme de 1 000€ à la caisse des péris en mer du port de pêche de La Cotinière. 

Une conciliation toujours possible

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 5 septembre 2019. Mais une conciliation reste toujours possible entre les deux parties. Le tribunal d'instance étant une juridiction civile, l'accord s'il y a s'imposera et la décision du tribunal pourrait ne pas être appliquée. "On n'y est pas hostile" confiait l'avocat des plaignants. "ça va se régler à l'apéro" a affirmé, devant le tribunal Me Papineau le défenseur des propriétaires du coq Maurice. Une fois que les caméras se seront éloignées, et la pression médiatique sera retombée.