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Faits divers – Justice

Justice : des renforts de magistrats pour le tribunal de Bobigny

vendredi 5 octobre 2018 à 5:02 - Mis à jour le vendredi 5 octobre 2018 à 9:09 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Ils avaient été promis par la ministre de la Justice en février : les renforts de magistrats sont arrivés au tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny. 17 nouveaux magistrats ont été nommés en Seine-Saint-Denis. Ils sont huit de plus qu'au mois de juin.

Julie Fraudeau et Eric Duval font partie des 17 nouveaux magistrats nommés à Bobigny
Julie Fraudeau et Eric Duval font partie des 17 nouveaux magistrats nommés à Bobigny © Radio France - Rémi Brancato

Bobigny, France

17 magistrats sont arrivés début septembre à Bobigny, à leur sortie de l'école nationale de la magistrature. Six ont été nommés juges du siège et 11 occupent une fonction au parquet. Ils seront présentés lors d'une audience solennelle ce lundi et viennent renforcer des effectifs régulièrement en souffrance. En février, la ministre de la justice Nicole Belloubet, répondant à l'inquiétude sur les moyens humains exprimée par la procureure de Bobigny, Fabienne Klein Donati, lors de son audience de rentrée de janvier, avait promis de renforcer les effectifs de magistrats

C'est donc désormais chose faite. Au 1er septembre, le TGI comptait 137 magistrats au siège, soit deux de plus que l'effectif théorique, et 55 au parquet, deux de plus également. France Bleu Paris a rencontré deux de ces nouveaux magistrats, enthousiastes.

Julie Fraudeau, substitut du procureur, met en avant "l'intérêt général du 93"

Parmi eux, Julie Fraudeau, 30 ans, nommée au parquet, en charge de contentieux économiques et financiers, plus particulièrement liés à l'habitat indigne. Des dossiers "passionnants" décrit la jeune femme, avec des dossiers pour lesquels il faut mener "de vraies enquêtes à enjeu, pour mettre la main sur ceux qu'on appelle ces marchands de sommeil".

ECOUTER - Julie Fraudeau a été nommée au parquet de Bobigny

Une façon de s'engager dans ce service public pour lequel elle aspirait à travailler après une expérience dans le privé, en tant que "chargée d'affaire publique d'un grand groupe français de l'agroalimentaire, un boulot qui n'avait rien à voir avec le service public de façon générale" explique-t-elle. Elle "ne s'y retrouvait plus" confie-t-elle.

ECOUTER - "Le département du 93 me semblait attrayant" - Julie Fraudeau

Alors aujourd'hui, à Bobigny, dans le département le plus criminogène de France métropolitaine, la magistrate s'épanouit. "Pour un parquetier qui débute, la délinquance, la criminalité, apportent de vrais défis" assure-t-elle, confiant que sa promotion était globalement enthousiaste à l'idée de venir travailler en Seine-Saint-Denis, qu'il y avait "un vrai désir de venir à Bobigny pour aider à l'intérêt général du 93". 

Eric Duval, juge au siège : "quand on aime le pénal, on est servi"

Cet enthousiasme, Eric Duval, 36 ans, le partage. Ancien avocat breton, il a choisi la magistrature et tout particulièrement Bobigny, "le poste que je souhaitais", confie-t-il dans un sourire, "ravi". Il est juge pénal à temps plein, au tribunal correctionnel.

ECOUTER - Eric Duval a choisi d'exercer au pénal à Bobigny

Après des stages à Saint Malo, Argentan ou Rennes, le décor a changé, mais ce n'est pour lui déplaire. "Quand je disais que j'avais choisi Bobigny, les personnes roulaient des yeux en disant 'où vas-tu mon pauvre ami?' et en fait non, je trouve cela passionnant" raconte le magistrat. "Quand on aime le pénal, on est servis!" sourit-il.

D'autant que l'arrivée se fait plutôt dans de bonnes conditions. "Les efforts consentis répondent à la demande des chefs de juridiction : les effectifs sont pourvus" se réjouit-il.

ECOUTER - "Le département est le plus criminogène de métropole et a une réputation extraordinaire" Eric Duval

Encore un manque de greffiers et des problèmes matériels

Reste que le greffe n'est pas totalement au complet. Le tribunal compte 173 greffiers et 170 adjoints alors que l'effectif théorique prévoit 15 postes supplémentaires. Des départs sont même programmés dans les prochains mois. "Il faudrait renforcer les effectifs de greffiers pour pouvoir créer des audiences supplémentaires afin d'absorber le contentieux" espère Eric Duval.

Cyril Papon, greffier au TGI de Bobigny et secrétaire général adjoint du syndicat CGT des chancelleries & services judiciaires, qui était ce vendredi matin en direct sur France Bleu Paris, estime même à "une quarantaine par rapport aux effectifs théoriques" le nombre de postes vacants. Les "magistrats ne peuvent pas travailler correctement", regrette-t-il.

Selon lui, les dossiers prennent "énormément de retard". Il pointe également toujours des problèmes matériels, citant l'exemple de "collègues du service du courrier du tribunal pour enfants ont travaillé dans le froid tout l'hiver" dernier.