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Faits divers – Justice

Justice : "en matière de matériel informatique, nous sommes ridicules !"

mercredi 13 février 2019 à 12:00 Par Yann Lastennet, France Bleu Maine

François Génicon ne mâche pas ses mots. Le président du tribunal de grande instance du Mans dénonce lui aussi le manque de moyens humains et matériels du tribunal. Ce qui impacte forcément le travail des magistrats. Ils ont boycotté l'audience solennelle de rentrée en guise de protestation.

Manque de moyens humains et matériels, le président du tribunal de grande instance du Mans tire la sonnette d'alarme
Manque de moyens humains et matériels, le président du tribunal de grande instance du Mans tire la sonnette d'alarme © Radio France - Ruddy Guilmin

Le Mans, France

Invité de France Bleu Maine ce mercredi matin. François Génicon n'a pas fait de langue de bois. Oui le tribunal de grande instance du Mans manque de bras et de matériel pour fonctionner normalement : "En 2019, nous allons manquer de personnel de greffe. Le taux de vacance pourrait dépasser les 30 %. En ce qui concerne les magistrats, le service du tribunal pour enfant est particulièrement touché puisqu'il manquera deux magistrats sur trois. Même chose aux affaires familiales, autre secteur sensible". 

Du coup, pour ne pas ralentir le fonctionnement de ses services, le président du TGI avoue prendre du personnel ailleurs, en établissant une hiérarchie de l'urgence : "Nous transférons du personnel d'autres services qui se retrouvent impactés comme le tribunal de police. _Certains services vont être ralentis voire fermés_".  

Du matériel informatique obsolète et défaillant

"Du point de vue informatique, nous sommes totalement ridicules" tempête François Génicon. "Nous avons des serveurs qui sont d'une très faible capacité, des pannes récurrentes. Un certain nombre de nos logiciels sont des logiciels nationaux et nous avons pas de débit suffisant pour accéder correctement à ces logiciels. _On parle de révolution numérique [de la justice] mais très franchement nous sommes à côté de la plaque, nous n'avons pas les moyens"_. 

Un constat inquiétant à l'heure du numérique et au moment où le ministère de la Justice souhaite développer le dépôt de plainte en ligne. François Génicon d'ailleurs n'y est pas favorable : "Cela peut donner l'impression aux gens qu'une affaire peut se résoudre en trois clics de souris et ce n'est pas le cas. Nous risquons par ailleurs d'être débordés par un nombre de plaintes invraisemblables que nous ne pourrons pas traiter. Il est nécessaire de passer par un filtre police/gendarmerie pour avoir des affaires qui tiennent la route entre guillemets".