Faits divers – Justice

Justice : le procès de Marlène, la petite voleuse

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn lundi 11 janvier 2016 à 20:10

La salle d'audience
La salle d'audience © Radio France - Daniel Corsand

Marlène vient d'avoir dix neuf ans. Ce lundi elle a été condamnée pour la dixième fois par le tribunal de Pau. Pour une série de vols commis le soir même de sa sortie en liberté conditionnelle.

La justice paloise se demande si Marlène n'est pas un cas désespéré. C'est une jeune fille de 19 ans. Elle est à peine majeure et pourtant elle est déjà connue comme le loup blanc par les services de police et de justice. Elle a été jugée cette fois pour une série de quatre vols commis dans des habitations et des voitures entre la mi décembre et Noël. Elle venait de sortir de prison et la justice perd patience. Elle l'a condamnée cette fois à 15 mois de prison ferme.

Un cambriolage le soir de sa sortie

Elle est sortie de prison le 15 décembre. Elle a bénéficié d'une liberté conditionnelle préparée avec les services de probation. Avec un projet de travail et même un studio en ville. Dans la nuit du 15 au 16, elle cambriolait. Une série de vols jusqu'à son arrestation en flagrant délit le jour de ses 19 ans, le 23 décembre.

Plus de clémence possible

A la barre, face aux juges, Marlène a l'air butée. Elle a des allures et des manières de garçonne. Elle ne cherche surtout pas à apitoyer le tribunal. Elle en dit le moins possible. Il faut dire que le président la connait bien, et il ne lui laisse pas beaucoup la parole. Il a sans doute déjà assez entendu son histoire. Elle a été placée à l'age de trois ans. Elle a grandi de foyer en foyer et elle est entrée en délinquance très tôt. Elle a déjà dix condamnations à 19 ans à peine. Avec toutes les peines éducatives imaginées par le législateur. Elle a même bénéficié d'un placement humanitaire en Afrique. 

La solitude de Marlène

On se demande toujours quel est l'après avec Marlène... Je n’appellerais pas cela une solitude, c'est de l'indigence sociale.

— Maitre Antoine Tugas son avocat

Les doutes de l'avocat de Marlène

A la barre, elle se retourne souvent comme si elle cherchait quelqu'un dans la salle. Jusque là, à toutes les audiences,  il y avait sa grand mère. La seule qui s'occupe encore un peu d'elle. Mais cette fois elle n'est pas venue.

Quinze mois ferme donc pour Marlène. Une peine alourdie par le reliquat de la peine qu'elle était en train de purger avant de bénéficier de sa libération conditionnelle.