Faits divers – Justice

Le procès des fausses étiquettes de Romanée-Conti s'ouvre à Dijon

Par Christophe Tourné et Faustine Mauerhan, France Bleu Bourgogne et France Bleu mardi 24 janvier 2017 à 15:54

Bouteille de Romanée Conti
Bouteille de Romanée Conti © Maxppp - Jean Francois Frey

C'est mercredi que s'ouvre le procès des fausses étiquettes de Romanée-Conti devant le tribunal correctionnel de Dijon. Deux Italiens ont été arrêtés en 2013, et un Russe par la suite. Ils collaient de fausses étiquettes du célèbre vin sur des bouteilles de piquette.

C'était en 2013. La police annonce l'arrestation de deux Italiens après une enquête européenne menée par le parquet de Dijon. Les suspects sont accusés d'avoir collé de fausses étiquettes du célèbre vin sur des bouteilles contenant du vin de piètre qualité. Depuis, un troisième homme a été arrêté. Il s'agit d'un ressortissant russe. Ce sont ces trois prévenus qui se retrouvent, à partir de ce mercredi, sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Dijon. Le préjudice s'élevait à près de deux millions d'euros.

Un procès forcément sensible

On parle ici tout de même, de bouteilles de vin à 9000 euros et d'un domaine connu dans le monde entier. Pour l'avocat du prévenu Russe, c'est bien parce qu'on parle de Romanée-Conti que le dossier d'accusation est aussi épais. Son client va être jugé pour 42 infractions : exportation, importation, vente de contrefaçon, etc.

"Des délits graves mais un traitement disproportionné !"

— Maître Dami-le-Coz

"Ces délits sont graves, c'est vrai, mais le traitement de mon client a été disproportionné" , fait remarquer Maître Dami-le-Coz dont le client aura à cœur de prouver son innocence à la cour, avant de poursuivre "qu'ils [ NDLR : les délits de contrefaçon ] ne méritaient pas l'année et demie de détention provisoire" qu'a déjà fait son client. Pour lui, ce procès, ce n'est qu'une histoire d'image, pas tellement de gros sous.

Le Romanée-Conti, le vrai, n'a pas franchement souffert économiquement de cette escroquerie, il faut bien le reconnaître. Quand aux deux escrocs italiens, ils reconnaissent avoir fabriqué les fausses étiquettes. Les juger ne sera pas compliqué. Sauf qu'ils ont déjà été condamnés en Suisse, pour les mêmes faits exactement, et en Europe, on n'a pas le droit de condamner deux fois les gens. Le tribunal de Dijon doit le savoir. L'avocate du domaine elle, réclamera 300.000 euros d'indemnités au titre du préjudice d'image.