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"L'abandonner en maison de retraite, c'était un avant-goût de l'enfer", explique l'homme qui a tué sa femme malade

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

L'octogénaire qui a tué son épouse malade d'Alzheimer avant de tenter de se suicider vendredi à Pérols a été mis en examen pour assassinat. Il a expliqué qu'ils voulaient partir tous les deux. Elle lui avait demandé de ne jamais la laisser finir comme sa propre mère, aussi atteinte de la maladie.

Le drame de la fin de vie à deux reprises dans l'Hérault en quelques jours (photo d'illustration)
Le drame de la fin de vie à deux reprises dans l'Hérault en quelques jours (photo d'illustration) © Maxppp -

L'homme qui a tué sa femme vendredi soir à Pérols avant de tenter de se suicider a été mis en examen pour assassinat et laissé sous contrôle judiciaire. Ce retraité de 84 ans a reconnu avoir étranglé son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer. Il ne supportait pas l'idée de la voir partir dans un établissement spécialisé. C'est ce qu'il a expliqué dans une lettre, mais aussi aux enquêteurs et à son avocate sur son lit d’hôpital. L'octogénaire, très affaibli, sera prochainement admis dans un établissement psychiatrique.

"Ils ne voulaient plus être un fardeau."

Son avocate Iris Christol a rencontré un homme abattu : "Les trois dernières années ont été tellement dures, qu'il avait fini par accepter de la placer dans un établissement spécialisé, mais lors de sa dernière visite, même si le personnel était bienveillant, il a entendu ces hurlements qu'on entend dans ces maisons de retraite, entre gémissements, râles et la rage, et c'était pour lui un avant-goût de l'enfer. Et dans l'incapacité de s'occuper de la femme qu'il aimait depuis 58 ans, et incapable d'accepter qu'elle aille dans cet enfer là, il s'est résolu à ce qu'ils partent tous les deux. Il a d'ailleurs laissé un mot disant "Nous partons, merci de nous avoir donné tant de bonheur". Ils ne voulaient plus être un fardeau, ils savaient vers quoi ils allaient et c'était pour lui impossible."

Iris Christol, l'avocate de l'octogénaire

"Ne me laisse jamais finir comme ma mère, dis-moi qu'on partira ensemble."

En finir ensemble, tous les deux, c'était un choix de couple : "C'était une question très présente dans le couple, car la maman de la défunte avait elle-même fini sa vie avec la maladie d'Alzheimer, donc le couple avait soigné cette dame et avait vu l'enfer que ça avait été pour elle, la dégradation, jusqu'à la famille d'accueil où elle avait été placée dans ses derniers temps et où les choses avaient été épouvantables. 

"L'angoisse de cette femme, décédée des mains de son époux, était de finir comme sa mère. Et elle n'a eu de cesse, à partir du moment ou sa mère s'est dégradée, de dire à son mari, "Ne me laisse jamais finir comme ça, et dis-moi qu'on partira ensemble, que je ne serai jamais sans toi." C'est pour ça que cet homme a fini par se résoudre à alléger les souffrances de son épouse et à mettre fin à ses jours pour ne pas être sans elle." 

Iris Christol, l'avocate de l'octogénaire

Un drame quasiment similaire s'est joué lundi soir à Lattes : une femme de 75 ans a étranglé son mari de 83 ans avant de s'ouvrir les veines, elle est morte elle aussi. Elle a laissé une lettre pour expliquer son geste : ils étaient arrivés au bout de leur vie commune et venaient d'apprendre que Monsieur était atteint de la maladie Alzheimer lui aussi. Un couple bien connu dans la ville, très apprécié, avec une vie sociale bien remplie.

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