Faits divers – Justice

L'accès à la prison du Craquelin à Châteauroux bloqué par les surveillants

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry jeudi 29 septembre 2016 à 9:12

Des palettes de bois et des pneus ont été entassés devant l'entrée
Des palettes de bois et des pneus ont été entassés devant l'entrée © Radio France - Sarah Tuchscherer

Depuis 6h30 ce jeudi, une vingtaine de gardiens de prison bloquent l'accès au Craquelin, le centre pénitentiaire de Châteauroux. Se joignant à un mouvement national, ils dénoncent une insécurité grandissante au sein des établissements.

Cinq surveillants agressés en début de semaine à Condé-sur-Sarthe (Orne), un début de mutinerie le week-end dernier à Valence (Drôme)... ces derniers jours, les agressions contre les gardiens de prison se sont multipliées. Ce phénomène inquiète jusque dans le Berry. La vingtaine de surveillants présents dès l'aube devant la prison du Craquelin à Châteauroux en témoignent.

"Des agressions quasiment toutes les semaines"

"On est là pour exprimer le ras-le-bol de tout le monde" déclare ainsi Jérémy, arrivé au Craquelin il y près de deux ans, "en ce moment, les agressions c'est quasiment toutes les semaines. On a l'impression que là-haut, ils n'arrivent pas à ouvrir les yeux". Les manifestants réclament donc des moyens matériels, comme des portiques, mais aussi humains, pour que les postes vacants soient comblés. Le syndicat FO en dénombre une quinzaine au Craquelin. L'administration elle, ne reconnaît qu'un chiffre compris entre 5 et 10 et indique qu'à Châteauroux, la situation n'est pas alarmante.

Le risque de radicalisation des détenus pointé du doigt

Le mouvement vise aussi à pointer du doigt le risque de radicalisation de certains détenus. Mildred, surveillante au Craquelin, affirme ainsi voir de jeunes détenus "prier en cellule alors qu'ils ne le faisaient pas avant. Ils forment des groupes. Psychologiquement, beaucoup sont influençables". Le délégué régional FO pénitentiaire Pascal Sabourault a affirmé jeudi sur France Bleu que cinq à six détenus de la centrale de St-Maur étaient actuellement suivis pour radicalisation.