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Faits divers – Justice

L'accident de la gare routière d'Orléans en octobre 2013 devant la justice

jeudi 31 mai 2018 à 18:45 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

Le 7 octobre 2013, un adolescent de 19 ans était mort, percuté et écrasé par un bus sortant de la gare routière d'Orléans, réputée dangereuse. Le chauffeur du bus, renvoyé devant la justice pour homicide involontaire, était jugé devant le tribunal correctionnel d'Orléans

La gare routière d'Orléans (photo d'illustration)
La gare routière d'Orléans (photo d'illustration) © Radio France - Stéphane Barbereau

Orléans, France

Ce lundi matin, le 7 octobre 2013, il y a beaucoup de monde à la gare routière d'Orléans, un bus vient d'arriver. Comme d'habitude les gens partent un peu dans tous les sens, les cheminements posent problème, l'éclairage du porche, également : il est inexistant. Tout le monde le dit, cette gare est dangereuse. "Un jour il finira par y avoir un mort" disent les conducteurs entre eux. 

Manquement à une obligation de sécurité

Ce jeudi, quatre ans et demi plus tard, Michel, 56 ans, conducteur de cars scolaires aux Cars Dunois, prestataire d'Ulys, en 2013, le réseau de transports scolaires du département, est jugé devant le tribunal correctionnel d'Orléans pour homicide involontaire par manquement à une obligation de sécurité. Après plusieurs mois d'instruction, le juge a estimé qu'il était responsable de l'accident qui a coûté la vie à William, un adolescent de 19 ans, qui traversait devant lui ce lundi matin du 7 octobre 2013. 

Je l'ai vu commencer à traverser, le garçon, puis je ne l'ai plus vu, j'ai pensé qu'il était déjà loin

Pour l'avocat des parents et du frère de William, la victime, ainsi que pour le procureur de la République, Michel a bien commis une faute, ce jour-là, lors de sa manœuvre pour sortir de la gare. Il a bien regardé à gauche, puis à droite, mais il n'aurait pas regardé de nouveau à gauche, au moment de tourner dans cette direction. "J'ai vu un groupe de jeunes chahuter à ma droite, pour moi c'est eux qu'il fallait surveiller. Le garçon je l'ai vu partir vers ma gauche, puis je ne l'ai plus vu, donc j'ai pensé qu'il était déjà passé de l'autre côté, qu'il était déjà loin".

Des explications confuses devant le tribunal

Des explications qui ne sont pas tout à fait les mêmes que lors de l'enquête sur cette affaire, et qui sont assez confuses, à la barre. Michel n'est pas clair, il semble vouloir convaincre le tribunal qu'il a bien contrôlé sa gauche, de nouveau, avant d'entamer sa manœuvre. Mais de nombreux témoins dans le bus, assurent qu'eux ont vu l'adolescent, qu'ils ont même crié, mais qu'il était déjà trop tard. En clair, selon le procureur et l'avocat de la famille, si Michel avait, comme il le dit, regardé à gauche, il aurait vu l'adolescent.

Pourquoi le juge n'a-t-il pas enquêté sur la responsabilité du Conseil Départemental, qui connaissait la dangerosité de la gare routière ?

Un adolescent penché sur son téléphone portable, la tête baissé, pas très attentif... Mais visible, selon les experts et la plupart des témoins. Mais pour l'avocat du conducteur de car, Maître Christophe Rouichi, il n'y a pas faute. Peut-être un moment de négligence : "trois secondes dans la vie d'un homme pour regarder à gauche, plutôt qu'à droite". Lui regrette que le Conseil Départemental du Loiret, en charge de cette gare routière d'Orléans, qui connaissait sa dangerosité, qui en parlait en assemblée, ne soit pas au rang des prévenus, renvoyé aussi devant la justice en tant que responsable de ce drame. Le procureur de la République requiert un an de prison avec sursis contre Michel. La suspension de son permis de conduire. Son avocat, lui, plaide une relaxe. Le jugement sera rendu le 21 juin prochain.