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Faits divers – Justice

L'affaire des PFI grenobloises relancée par des élus qui veulent déposer plainte

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Par , France Bleu Isère

Est-ce l'approche des Municipales en 2020 ? En tous cas, le second rapport de la Chambre régionale des Comptes, paru en décembre 2018, sur les PFI grenobloises, les Pompes Funèbres Intercommunales, ressort des placards ! Trois élus veulent accélérer la procédure judiciaire en déposant plainte

Le siège des Pompes Funèbres Intercommunales, à la Tronche, près de Grenoble
Le siège des Pompes Funèbres Intercommunales, à la Tronche, près de Grenoble © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Ce sont trois élus locaux de Gières, Brié-et-Angonnes et Seyssins, Daniel Finazzo, Francois Gilabert et Claude Soullier, qui ont décidé de monter au créneau pour demander que les élus métropolitains déposent plainte avec constitution de partie civile pour accélérer l’enquête préliminaire en cours. 

Ils disent avoir appris les dérives financières des PFI par la presse car ils ne siègent pas à la Métro, la communauté de communes qui regroupent une quarantaine de villes autour de Grenoble. Ils dénoncent donc l'omerta qui, selon eux, y règne depuis la publication des deux rapports de la Chambre Régionale des Comptes. 

Claude Soullier est élu d'opposition à Brié-et-Angonnes : "Ils se refilent le dossier comme une patate chaude. Mais nous, nos administrés nous interpellent et on ne sait pas quoi leur répondre quand ils lisent dans le journal que l'ancienne direction a par exemple acheté 1200 bouteilles de grand cru sans justificatif. On leur demande la clarté."  Alors si les élus métropolitains ne font rien, François Gilabert, élu centriste à Seyssins, et ses collègues, se disent prêts à agir : "On s'appuie sur l'article 40 du code de procédure pénale qui oblige un élu à faire connaitre à la justice des faits délictueux."

François Gilabert et Claude Soullier sont décidés à aller jusqu'au bout - Radio France
François Gilabert et Claude Soullier sont décidés à aller jusqu'au bout © Radio France - Véronique Pueyo

Il faut dire que les deux rapports de la CRC pointent des dérives "somptuaires" de l'ancienne direction de la SEM, qui est partie courant 2016. La Métro qui détient 80 % des PFI explique avoir remis de l'ordre depuis 2014.

La mort, un marché juteux

La chambre régionale des comptes a produit deux rapports sur les PFI, le premier portait sur la période 2008-2011. Une première enquête préliminaire du parquet de Grenoble sur le montant du salaire mensuel de la directrice de l’époque, soit plus de 20 000 euros, avait été classée sans suite. Et la directrice était partie à la retraite.

Mais le second rapport, concernant la période 2012-2017, rendu public en décembre dernier, a relancé la polémique. On y apprenait que sous la gestion de l'ancienne directrice, donc, on n'avait pas lésiné sur les frais de bouche et l'achat de bouteilles d'alcool, les voyages à l’étranger, l'envoi d'agendas et de stylos de luxe aux élus et partenaires, le pot de départ d'un directeur adjoint pour un montant de 18 000 euros, et surtout on apprenait que des élus avaient pu enterrer leurs proches gratuitement. 

Oui, j'ai bénéficié d'obsèques gratuites pour ma mère en 2009 -Marcel Repellin, ancien président des PFI

C'est ce qui s'est passé pour Marcel Repellin, alors président de la SEM (de 2001 à 2014) et toujours maire de Seyssinet-Pariset, lors du décès de sa mère en 2009 : "Quand j'ai voulu payer, on m'a dit que c'était gratuit. C'était aussi gratuit pour le personnel. Je comprends que ça puisse choquer aujourd'hui, mais à l'époque, tout le monde trouvait cela normal."

Depuis l'arrivée de la nouvelle direction en 2016, le personnel des PFI peut bénéficier d'une remise de 30 % maximum pour l'enterrement d'un proche et la gratuité pour les élus a été supprimée.

Depuis mon arrivée à la tête de la Métro, la gouvernance des PFI a été totalement changée - Christophe Ferrari, président

En 2014, lorsqu'il devient président de la Métro, le socialiste Christophe Ferrari s'engage à supprimer ces dérives, ce que souligne d'ailleurs la Chambre Régionale des Comptes. Un nouveau conseil d'administration est élu et un nouveau directeur, nommé. Une plainte, portant sur la retraite-chapeau de l'ancienne directrice pour un montant de 400 000 euros, a été déposée par la nouvelle équipe, deux signalements ont été faits au Procureur de la République qui a donc ouvert une nouvelle enquête préliminaire, toujours en cours. 

Mais pour nos trois élus indignés, tout cela ne va pas assez vite. "On veut que cette affaire aboutisse, qu’elle soit jugée par un tribunal, pas qu'elle s'enlise !" lancent-ils en chœur

Les PFI grenobloises, premier opérateur funéraire de France

Les PFI, basées à la Tronche, emploient un peu moins de 70 salariés et réalisent 3500 obsèques par an, ce qui en fait le premier opérateur funéraire de France. La SEM réalise un chiffre d'affaires de 9 millions d'euros. Le prix moyen d'un enterrement est aujourd'hui de 2700 euros. La nouvelle direction explique que, grâce à ses nouvelles règles de fonctionnement, elle a baissé le prix de 200 euros, par rapport aux anciens tarifs.