Faits divers – Justice

L'affaire du bébé secoué de Siros : les réserves du père

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn jeudi 24 septembre 2015 à 8:43

L'entrée de la salle des assises Pau
L'entrée de la salle des assises Pau © Radio France - Daniel Corsand

La Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques rend son verdict ce jeudi soir, après trois jours de débat autour du geste d'un père qui a secoué son bébé de deux mois et demi.

La Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques va rendre son verdict ce jeudi soir dans l'affaire du bébé secoué de Siros. Christophe Lescarret comparaît depuis mardi pour avoir secoué son fils Paul en septembre 2012, ce qui a entraîné de graves séquelles sur l'enfant. Dès le premier jour, il a reconnu entièrement les faits. Jusque là, il disait avoir secoué son gamin parce qu'il avait un malaise. Il a reconnu avoir agi par énervement.

Le président met sous pression Christophe Lescarret

Et malgré ces aveux, le président a continué mercredi de lui mettre la pression. Comme pour le prendre au dépourvu, par surprise, pour obtenir plus que les aveux de la veille. Parce que depuis le début, on sent une réserve chez le père. Même dans ses propos les plus poignants sur son fils. Le président Francis Bobille, entre deux témoins, demande à l'accusé de se lever. "Qu'attendez vous de ce procès, monsieur ?" Il répond : "la vérité. C'est le moment". 

Le président lui demande si ces aveux ne sont pas utilitaires, pour obtenir la clémence de la cour, et il enchaîne : "que doit penser la société de ce que vous avez fait monsieur ?" C'est horrible. Inconcevable. Et puis le président Bobille lui retourne les questions à laquelle la cour devra répondre au moment du délibéré.

Doit on vous déclarer coupable ?"

— le président Bobille

"Je suis coupable".

— l'accusé

L'implacable témoignage du médecin légiste

Dans un procès d'assises, le moment du médecin légiste renvoie toujours à tout le monde la violence des faits. Le médecin explique ce qu'est le secouement. Le procureur Muller lui demande même de refaire les gestes et d'expliquer que l'enfant est tenu sous les aisselles, et qu'il subit des mouvements d'avant en arrière. Que le menton touche la poitrine vers l'avant, et le crâne touche la colonne vertébrale vers l'arrière. Un moment très dur dans la salle, qui provoque les pleurs du père dans le boxe. 

Et puis le médecin parle de l'état de Paul, qui, à trois ans, ne marche pas. Il commence à s'asseoir. Il ne parle pas. Personne n'est en mesure de dire s'il reconnaît ses proches. Il n'ira pas à l'école et ne marchera peut-être jamais. Le médecin dit également très clairement que si on n'avait pas attendu le lendemain pour le conduire aux urgences, les séquelles auraient pu être minimes. "Chaque minute, on perd des neurones". Pour savoir les séquelles, il faut attendre que Paul ait 14 ans, mais le tableau est très inquiétant, explique l'expert.

Verdict ce jeudi soir.