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L'affaire Seurot révèle les drôles de relations entre élus et patrons du BTP

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde lundi 28 avril 2014 à 12:21

Bernard Seurot l'ancien maire de Bruges mis en examen pour corruption
Bernard Seurot l'ancien maire de Bruges mis en examen pour corruption © maxppp

Presque quatre ans qu'une enquête pour malversations financières est ouverte et que Bernard Seurot, l'ex-maire UMP de Bruges, est mis en cause avec des cadres de grosses entreprises de BTP. Les investigations se poursuivent et le journal Sud Ouest révèle ce lundi les cadeaux du BTP aux élus.

C'est le quotidien Sud Ouest qui révèle ce lundi matin ces curieuses relations entre certains élus et patrons du BTP. L'enquête a démarré il y a presque 4 ans, sur dénonciation d'une partie de l'ancienne majorité de celui qui était alors maire UMP de Bruges et qui avait du démissionner. L'affaire Seurot s'était ouverte sur ces questions posées par le versement de cotisations (de l'ordre de 300.000 euros écrit Sud-Ouest) d'une vingtaine d'entrepreneurs du bâtiment à une société de chasse espagnole dont Bernard Seurot était l'un des principaux actionnaires (des entrepreneurs ayant eu des projets à Bruges).

L'enquête n'est toujours pas bouclée et elle aurait mis en lumière de drôles de pratiques. Ces mêmes patrons du BTP auraient aussi multiplié les cadeaux . 19.000 euros auraient été payés par le groupe Pichet par exemple pour des séjours chasse au Maroc et en Espagne au profit de Bernard Seurot et de Patrick Pujol, le maire de Villenave d'Ornon. Il y aurait eu aussi ces billets VIP pour les coupes du monde de football de 2006 et 2008 , avec transport en jet privé, ou encore, une demi-finale de mondial de rugby à Cardiff , payée par JC Decaux.Egalement dans la liste établie par les enquêteurs : des soirées strip-tease à Paris, un voyage à Venise dans un hôtel de luxe offert par Eiffage, et 14.000 euros d'électroménager pour équiper la maison de Bernard Seurot, réglés par Eovest.Est-ce une pratique courante ? Du lobbying ? Du relationnel ? De la communication ? Ou de la corruption ? Pour obtenir des marchés en échange. Ce sera à la justice de trancher. Patrice Pichet, qui a été mis en examen, comme Bernard Seurot, se défend, en expliquant que n'ayant rien construit à Bruges, c'est un peu fort dans son cas de parler de corruption.

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