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Faits divers – Justice

Affaire Théo un an après : sur France Bleu Paris, deux thèses s'affrontent

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Par , France Bleu Paris

Théo a été victime de violences policières il y a un an jour pour jour, dans son quartier à Aulnay-sous-Bois. Où en est l'enquête? Comment va Théo? Dans quel état d'esprit sont les policiers? L'avocat de Théo et le syndicat de police Alliance 93 s'exprimaient sur France Bleu Paris ce vendredi.

Théo
Théo © Maxppp - CHRISTOPHE PETIT TESSON

Île-de-France, France

Il y a un an, jour pour jour, Théo, 22 ans, a été victime de violences policières dans son quartier à Aulnay-sous-Bois. Le jeune homme affirme avoir été violé avec une matraque au cours d'une interpellation. A l'époque, celui qui est devenu le symbole des violences policières dans les banlieues  fait deux semaines d'hôpital et les médecins lui prescrivent 60 jours d'interruption totale de travail. 

Quatre policiers sont mis en cause. Trois mis en examen pour violences volontaires en réunion ont été réintégrés dans la police et l'un d'eux travaille en Seine-Saint-Denis. Le quatrième est mis en examen pour viol.

Une vidéo, mise en ligne par Europe 1, circule sur les réseaux sociaux montrant l'interpellation du jeune homme par la police. 

Aujourd'hui, où en est-on?

Pour le savoir France Bleu Paris a invité, vendredi matin, à 7h15, Grégory Goupil, délégué du syndicat de police Alliance 93 et à 8h15, Antoine Vey avocat de Théo. Ils se sont exprimés en direct.

Théo va mal

L'avocat de Théo, maître Antoine Vey précise que son client, Théo, ne va pas très bien : "il a des _séquelles psychologiques importants et physiques_... on se pose la question de savoir s'il va pouvoir marcher, travailler... et puis il est un petit peu inquiet sur le sort de la procédure judiciaire qui est en cours... Théo a toujours voulu être respectueux du cours de la justice et Théo va bientôt être interrogé, bientôt être entendu ".

La police a du mal à travailler à Aulnay

Grégory Goupil, du syndicat de police Alliance 93 rappelle que les conditions de travail des policiers ont toujours été compliquées en Seine-Saint-Denis et selon lui, il n'y a pas eu forcément un avant et un après Théo "Par contre sur la commune d'Aulnay, mes collègues ont de plus en plus de mal à intervenir. Il y a _un sentiment d'impunité qui règne au coeur des quartiers_, ça c'est lié souvent aux décisions de justice. Mais aujourd'hui sur Aulnay, effectivement, il y a une défiance envers mes collègues des brigades spécialisées, de BAC, police secours, parce que Théo a été soutenu par de nombreux peoples, de nombreux politiques et aujourd'hui les conditions sont dramatiques pour mes collègues sur le terrain".

Une vidéo montre l'interpellation de Théo par les policiers

Pour le syndicat de police Alliance, cette vidéo est "exacte par rapport à la déclaration des policiers". "Il n'y a jamais eu de changement de version de la part de mes collègues", dit Grégory Goupil qui rappelle que son syndicat a toujours soutenu les policiers mis en cause. 

Pour lui "cette vidéo, elle est claire. Il y a eu une interpellation compliquée, il y a des violences envers mes collègues... et il y a eu des complications pour l'interpellation de Théo. Encore une fois on ne minimise pas les blessures sur Théo mais on rappelle le contexte de l'interpellation... Je pense qu'aujourd'hui, il est l'heure de s'excuser et de revenir sur les faits de viol qui ont été caractérisés".

L'avocat de Théo n'a bien sûr pas la même analyse : "Moi ce que j'y vois, c'est un coup de matraque qui est donné du bas vers le haut dans la région des fesses de Théo et qui est la cause de la pénétration de 10 centimètres qui a eu lieu dans son corps et qui ne m’apparaît pas être favorable à celui qui l'a donné donc il y a effectivement un coup de communication assez bien orchestré mais qui est assez classique dans ce dossier depuis le début et je suis là notamment pour y répondre." 

L'avocat de Théo rappelle "qu'il y a une qualification qui est retenue aujourd'hui qui est celle de viol. Pourquoi, parce qu'il y a eu pénétration". 

Geste volontaire ou acte accidentel ?

Pour Grégory Goupil "_ce n'est pas une victime qu'on est en train d'interpeller, c'est l'auteur de violences contre les policiers, on le voit dès le départ au niveau de la vidéo... le contrôle d'identité dégénère... on minimise pas, ils (les policiers mis en cause) ont expliqué le pourquoi du comment... pour nous depuis le départ il s'agit malheureusement d'un acte accidentel_".

Su le côté intentionnel du geste du policier, l'avocat de Théo précise : "Nous, nous défendons qu'il est difficile de viser l'anus comme ça avec une telle profondeur sans en avoir l'intention mais c'est le débat qui est en cours...".

Il y a une différence entre le procès de la police et le procès des violences policières " : l'avocat de Théo

Le représentant du syndicat de police Alliance 93 tient à rappeler que "sur un contrôle, lorsqu'on est contrôlé par des policiers, s'il n'y a pas de violence envers les policiers, il n'y aura pas de surenchère de la part de mes collègues sur le terrain".

L'avocat de Théo est clair : "L'enjeu, c'est de faire le procès de violences policières inacceptables et de pouvoir faire quelque chose qui est assez simple et que l'opinion publique peut comprendre : c'est la différence entre le procès de la police et le procès des violences policières. 

Nous, ce qu'on souhaite, c'est qu'il y ait une sanction, ...qu'il y ait un procès  pour que les gens puissent savoir que mon client est une victime, qu'il n'est pas un délinquant. J'entends ça dans la bouche de certains politiques, c'est un amalgame qui m’apparaît clairement raciste. Parce que, qu'est-ce-qu'on a, à part qu'il est jeune, qu'il est noir et qu'il vient d'une banlieue, pour dire que globalement c'est un délinquant".

La réintégration de trois des quatre policiers mis en cause 

Grégory Goupil du syndicat Alliance pense "mes collègues méritent d'être réintégrés... il y a une affaire en cours et ce sera jugé". Il pense que étant donné ce que montre la vidéo, il n'était pas nécessaire que les policiers restent suspendus.

Cette réintégration ne choque pas l'avocat de Théo qui comprend que cela choque la famille : " mais c'est la suite normale d'un dossier".

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