L'agresseur de la préfecture de police de Paris était-il radicalisé ?
Après l'attaque mortelle au couteau, à la préfecture de police de Paris, jeudi, de nouveaux éléments orientent les enquêteurs vers la piste terroriste.

Mickaël H. a-t-il perpétré une attaque jihadiste au cœur de la préfecture de police de Paris ? La piste de la radicalisation est désormais privilégiée après la tuerie qui a fait quatre mort, ce jeudi. Tout d'abord, ce vendredi, le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'affaire. Et depuis, de nouveaux éléments ont été révélés, renforçant l'hypothèse d'une radicalisation de Mickaël H.
Cet employé de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) a poignardé à mort quatre de ses collègues jeudi. Il s'était converti à l'Islam, il y a un an et demi. Et l'on apprend, ce samedi matin, qu'il s'était félicité après l'attentat de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015.
Un acte prémédité ?
Autre indice, trouvé dans le téléphone de l’agresseur, il était en contact avec des membres identifiés de la mouvance salafiste. L'exploitation de son téléphone a par ailleurs appris aux enquêteurs qu'il préparait sans doute un acte violent, prémédité. D'après Le Parisien et franceinfo, Mickaël H. avait envoyé un SMS à sa femme le matin de l'attaque, l'informant qu'il venait d'acheter un couteau. Celle-ci lui aurait répondu : "Seul Dieu te jugera".
Lors de sa garde à vue, son épouse a raconté aux enquêteurs que son mari avait eu une nuit agitée la veille de l'agression et un "comportement inhabituel".
Une "faille immense dans le système", une menace "sous-évaluée"
De tels indices poussent hommes et femmes politiques à réagir ce matin, ainsi que les syndicats de police. Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat à la transition écologique, a demandé que "toute la lumière soit faite sur ce drame". Dans cette même optique, le groupe Les Républicains à l’Assemblée Nationale va demander une enquête parlementaire.
Du côté des syndicats de police, la colère est immense, Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, a dénoncé une "faille immense dans le système". Il estime qu'"on a sous-évalué la menace" et "exige des réponses".