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L'ex directeur de l'IUFM de Caen face à la justice pour harcèlement moral et sexuel

Audience fleuve au tribunal correctionnel de Caen ce mardi. Stanislas Hommet, ex directeur de l'IUFM (devenu ESPE) se retrouve face à 12 personnes, enseignants, agents administratifs, anciennes étudiantes qui l'accusent de harcèlement moral et sexuel. Lui reconnait de la lâcheté mais nie les faits.

Les victimes parties civiles au procès se retrouvent pour échanger au terme d'une longue et éprouvante journée d'audience.
Les victimes parties civiles au procès se retrouvent pour échanger au terme d'une longue et éprouvante journée d'audience. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Stanislas Hommet prend les rênes de l'école de formation de maîtres en 2009. Egalement vice président de l'université en charge de la communication, il est décoré de l'ordre national du mérite, conseille à titre officieux Vincent Peillon, le ministre de l'époque. Mais en 2016, tout s'arrête brutalement. C'est un CHSCT (comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail) qui a mis le feu aux poudres. Déclenché à la demande de la médecine du travail suite au signalement d'une responsable administrative nouvellement arrivée. "Elle a vu une assistante de direction faire une crise d'angoisse et s'effondrer en pleurs, raconte la présidente du tribunal. Lors de ce CHSCT, les langues se sont déliées". Stanislas Hommet a été radié de l'éducation nationale en 2018.

Aujourd'hui, une douzaine de victimes sont présentes. De tous secteurs confondus. Deux agents administratifs témoignent en début de journée. La première travaille à l'IUFM depuis 1996, elle s'occupait notamment des étudiants étrangers. "Au fur et à mesure, il a vidé mon poste de sa substance. A la fin je regardais des documentaires animaliers sur mon ordinateur" raconte cette femme de 54 ans. La seconde obtient un poste de responsable administrative à 23 ans. "J'étais surchargée de travail, tout devait être fait dans l'urgence, il me harcelait de mails même le week-end". Les deux sont logées dans le même immeuble de fonction que lui. Elles témoignent de remarques intrusives dans leur vie personnelle. "Mon mari est Béninois, il l'accusait de faire du tam tam, se souvient la première, alors qu'on a même pas de djembé...!" "Il disait que j'étais soumise, raconte la deuxième, parce que mon mari allait faire les courses.."

"Il disait aux étudiants que certains profs étaient des pignoufs"

Puis des enseignants se succèdent à la barre. Hommes, femmes de tous âges, profs d'arts plastiques, mathématiques, SVT, éducation musicale, littérature. La litanie des griefs est longue. Pour des raisons et sous des formes différentes, tous se sont sentis mis à l'écart, harcelés sur des points de détail, se sont vu refuser des logements de fonction, remercié du jour au lendemain. "J'ai appris par une collègue qu'il voulait me dégager, en me collant une faute grave". Beaucoup témoignent aussi de remarques humiliantes, comme cette prof de musique. "Il disait aux étudiants que la chorale c'était pour les bisounours et que certains profs étaient des pignoufs". 

Lui reconnait des maladresses, des propos qui ont parfois dépassé sa pensée sous le coup de l'énervement ou de la fatigue. "Je suis prof certifié d'histoire géo, je n'ai pas été formé pour ses fonctions de direction" s'excuse-t-il en se disant profondément désolé. Mais il répond pied à pied aux accusations de harcèlement. D'une voix calme et posée, il assure que les procédures ont toujours été respectées. 

L'étudiante inondée de mails tendancieux à n'importe quelle heure du jour et de la nuit

A la fin de la journée, une ancienne étudiante vient porter l'estocade. Cette jolie jeune femme de 29 ans, professeur des écoles, a étudié à l'ESPE de 2012 à 2015. Stanislas Hommet a été son directeur d'études. "Il m'inondait de mails qui très vite ont pris un caractère personnel, sexuel, j'essayais de recentrer sur le travail, puis je n'ai plus répondu" raconte-t-elle. Le ton change et devient menaçant. Elle obtiendra finalement 15/20 à son mémoire final. "Mais ces années à l'ESPE m'ont profondément perturbée, j'ai très mal vécu toute cette période, il m'a volé mes plus belles années d'étudiantes, j'en garde des cicatrices dans ma vie de femme". Tête baissée, il reconnait un comportement complètement inapproprié et des messages tendancieux. "J'ai plus que honte de ce que j'ai fait, j'ai franchi une limite, je n'aurais jamais dû, je suis désolé". 

L'audience aurait dû ne durer qu'une journée, mais les plaidoiries et le réquisitoire se tiendront finalement ce mercredi. 

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