Faits divers – Justice

"L'angoisse de se faire agresser" fait descendre les policiers dans la rue à Perpignan

Par Marion Paquet, France Bleu Roussillon mercredi 14 octobre 2015 à 13:58

150 personnes ont manifesté devant le tribunal à Perpignan.
150 personnes ont manifesté devant le tribunal à Perpignan. © Radio France - Marion Paquet

A l'appel des syndicats de la police nationale, 150 personnes se sont mobilisées devant le tribunal de Perpignan ce mercredi en soutien aux policiers. Ils dénoncent la "banalisation des agressions contre les policiers".

Les actes de violences contre les policiers auraient presque doublé en 7 ans. Le syndicat Unité SGP Police dans les Pyrénées-Orientales affirme qu'ils ont augmenté de 40% depuis 2008. L'agression d'un policier, grièvement lors d'une fusillade en Seine-Saint-Denis la semaine dernière a été "la goutte d'eau qui a fait déborde le vase", à l'origine de la manifestation nationale de ce mercredi.

A Perpignan, environ 150 personnes se sont réunies vers midi devant le palais de Justice, pour exprimer leur colère et demander plus de sanctions envers leurs agresseurs de la part de la Justice, souvent des personnes multi-récidivistes.

"Le cap des agressions verbales est depuis longtemps dépassé, constate Francis Vizuete, secrétaire départemental du syndicat Unsa Police à Perpignan, depuis plusieurs années, on s'en prend physiquement aux fonctionnaires de police, on n'hésite pas à les frapper, à les rouer de coups. C'est inadmissible!" 

"Des policiers sont blessés tous les jours dans le cadre de leur travail," Jérémi Bosse-Platière,  chef de la sûreté dans les Pyrénées-Orientales et délégué départemental du syndicat des commissaires de la police nationale.

Le commissaire Jérémi Bosse-Platière

La conséquence de ces agressions, "c'est l'angoisse qu'il y a à venir au travail, explique Jérémi Bosse-Platière, délégué départemental du syndicat des commissaires de la police nationale, l'angoisse de se dire que sur une opération tout à fait banale, de contrôle routier, de patrouille, sur une intervention pour un différent familial, on peut être confronté à des actes de violence et  rentrer chez soi, blessé ou même gravement atteint. Il y a déjà eu des policiers qui ont été tué dans le département,  lors du braquage d'une bijouterie, et des policiers sont blessés très régulièrement, avec des moyens qui sont de plus en plus graves, notamment des armes à feux." 

Les syndicats dénoncent "une banalisation de la violence, une banalisation de la contestation. Les individus n'hésitent pas à se rebeller quand on les interpelle, poursuit Jérémi Bosse-Platière, et il y a une véritable angoisse qui se crée, pas une peur, mais aujourd'hui on a besoin d'être pris en considération et surtout que les individus nuisibles soient mis à l'écart".