Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

L'application Heetch devant la justice

-
Par , France Bleu Paris, France Bleu
Paris, France

C'est un procès capital pour l'avenir de Heetch. Les deux dirigeants de la start-up parisienne sont jugés jeudi et vendredi par le tribunal correctionnel de Paris. Un procès marqué par le nombre record de parties civiles : plus de 1.400 taxis réclament des dommages et intérêts.

Dans les locaux parisiens de Heetch.
Dans les locaux parisiens de Heetch. © AFP - Bertrand Guay

Elles ne pourront vraisemblablement pas toutes rentrer dans la salle d'audience de la première chambre correctionnelle. Le tribunal de Paris a enregistré 1.442 parties civiles dans le dossier Heetch. Des dizaines de syndicats et des milliers de chauffeurs de taxis s'estimant floués réclament à la jeune entreprise des dommages et intérêts compris entre un euro symbolique et 1,5 million d'euros. C'est d'ailleurs en raison de l'afflux massif de plaignants que le procès avait dû être renvoyé en juin dernier. Les patrons de Heetch vont donc comparaître pour complicité d'exercice illégal de la profession de taxi, et pratique commerciale trompeuse. Leur application mobile permet à des jeunes (22-23 ans en moyenne) de rentrer chez eux la nuit, dans la voiture de particuliers pour quelques euros.

Image d'illustration fournie par Heetch.
Image d'illustration fournie par Heetch.

Le succès est réel : créé en septembre 2013, le service est désormais présent dans 7 villes d'Europe (Paris, Lille, Lyon, Stockholm, Varsovie, Milan et Bruxelles) et revendique 100.000 trajets par semaine. Mais depuis le début de l'aventure de cette start-up, les taxis ne décolèrent pas contre ce qu'ils estiment être une concurrence déloyale exactement comme UberPop, interdit en France en 2015 et condamné cette année pour les mêmes motifs. Une comparaison que rejette Teddy Pellerin, directeur général de Heetch : "UberPop permettait à des conducteurs d'en faire un métier sans avoir la licence, ce qui est illégal. Avec Heetch on est dans le partage de frais, nos conducteurs ne peuvent pas gagner de l'argent grâce à la plateforme : ils sont limités à 6.000€ par an, qui est le coût annuel moyen d'une voiture". Dans les faits, la recette moyenne des "drivers" s'élève même à moins de 1.900€ par an selon Heetch.

"Des proportions démesurées"

Persuadés de la légalité d'une activité qu'ils assimilent à du covoiturage, les responsables de la société ne cessent d'invoquer l'économie du partage. L'avocat de Heetch rappelle le contexte particulièrement pesant depuis quelques mois, marqué par de nombreuses arrestations de conducteurs et des gardes à vue. Selon lui, 29 personnes poursuivies ont été relaxées. Une seule a été condamnée mais l'appel est en cours. Pour Maître Jean-Emmanuel Skovron, la présence de plus de 1400 parties civiles donne à ce procès "des proportions démesurées".

C'est une entreprise qui est menacée

Teddy Pellerin, directeur général de Heetch.

Teddy Pellerin et son associé Mathieu Jacob risquent 2 ans de prison et 300.000€ d'amende, sans parler des dommages et intérêts. En cas de condamnation, les autorités pourraient décider d'interdire l'application. En attendant, les dirigeants de Heetch se disent prêts à aller jusqu'au bout du combat judiciaire pour démontrer la légalité de leur activité. Une bataille qui a déjà commencé sur les réseaux sociaux, derrière le mot d'ordre #TouchePasAMonHeetch.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu