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Faits divers - Justice

"L'argent ne me rendra pas ma famille" : dix ans après Xynthia, les victimes de nouveau devant la justice

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

La cour administrative d'appel de Nantes a examiné mardi une dizaine de requêtes en indemnisation. Les victimes de la tempête Xynthia espèrent une indemnisation "plus juste" des préjudices subis.

La Faute-sur-mer après le passage de la tempête Xynthia en février 2010
La Faute-sur-mer après le passage de la tempête Xynthia en février 2010 © Radio France

Il y a dix ans, ils ont tout perdu : leurs proches, leur maison, leurs meubles et leurs souvenirs. La tempête Xynthia a causé la mort de 47 personnes le 27 février 2010, dont 29 dans la commune de la Faute-sur-mer en Vendée. Depuis, les rescapés et leurs proches se battent pour obtenir des indemnisations. Des dizaines de familles ont fait appel du jugement du tribunal administratif de Nantes. La cour administrative d'appel de Nantes a examiné ces requêtes les 5 et 19 novembre.

L'une des victimes, Élisabeth, 73 ans, était présente à l'audience mardi 19. Le soir de la tempête, son mari et son petit-fils de deux ans sont morts dans sa maison à la Faute-sur-mer. "Je ne suis pas là pour l'argent, les indemnisations ne m'intéressent pas, elles ne vont pas faire revenir ma famille. Mais j'ai fait la promesse morale à mon défunt mari d'aller jusqu'au bout de la procédure, faire le maximum pour être reconnue comme victime."

Elisabeth, rescapée de la tempête, a perdu son mari et son petit-fils à La Faute-sur-mer

"Le ciel m'est tombé sur la tête"

Suivie psychologiquement, elle a mis dix ans à se rendre compte de ce qui lui est arrivé : "Ma vie a éclaté. Le ciel m'est tombé sur la tête. À la douleur de la mort s'ajoutait la perte de ma maison, j'étais comme SDF du jour au lendemain. Je vivais dans un état de sidération. Je me réveillais en ayant l'impression de sortir d'un film." 

Son histoire fait écho aux dizaines d'autres évoquées à l'audience. Celle par exemple d'une aide-soignante dont la maison a été engloutie sous 2,40 m d'eau et qui a réussi à sauver ses filles de deux et six ans en les portant sur son dos car elles ne savaient pas nager. Celle aussi d'un médecin urgentiste, qui a assisté impuissant à la mort par noyade de sa mère, sa femme et deux de ses fils. Seule sa fille de 8 ans a survécu.

Valérie Saintaman, avocate d'environ 130 victimes de La Faute-sur-mer

"Le but pour les victimes n'est pas d'obtenir des millions mais d'obtenir la juste évaluation des préjudices subis, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. l'indemnisation doit être revue à la hausse" insiste Valérie Saintaman, avocate d'environ 130 victimes. "Le combat judiciaire est long et douloureux, les victimes ont hâte que ça se termine", conclut-elle.

Reste à savoir qui va indemniser les victimes : en juillet 2019, la cour administrative d'appel a confirmé les pourcentages de responsabilité retenus par le tribunal administratif : 50% pour la commune de La Faute-sur-mer, 35% pour l'État et 15% pour l'association chargée de la digue. "Pour l'instant, l'État a pris en charge les indemnisations mais s'il demande à la commune de rembourser sa part, les contribuables ne seront pas en mesure de payer", regrette Jérôme Maudet, avocat de la commune.

Sur le plan pénal, l'ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, a été condamné par la cour d'appel de Poitiers en avril 2016 à deux ans de prison avec sursis pour "homicides involontaires".

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