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L'arrêté interdisant le burkini à Villeneuve-Loubet est suspendu

Par Laure Debeaulieu, France Bleu Azur vendredi 26 août 2016 à 19:28

Le conseil d'Etat, Paris
Le conseil d'Etat, Paris © Maxppp - .

Le Conseil d'État suspend l'arrêté municipal de Villeneuve-Loubet interdisant le port de la tenue couvrante des femmes musulmanes sur les plages Décision prise par les juges de la plus haute juridiction française.

L'affaire fait des vagues depuis le début du mois d'août. Après que 15 communes des Alpes-Maritimes (une trentaine en France) aient pris un arrêté pour interdire ces vêtements sur les plages, le Conseil d'État a suspendu celui de Villeneuve-Loubet. Les trois juges de la plus haute cour administrative ont rappelé les maires au "respect des libertés garanties par les lois". Ils ont considéré qu'une restriction de l'accès aux plages ne pouvait être justifiée qu'en cas de "risques avérés" pour l'ordre public.

Cet arrêté avait été avalisé par le tribunal administratif de Nice, tout comme celui de Cannes.

"En l'absence de tels risques, l'émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment celui commis à Nice le 14 juillet dernier, ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d'interdiction" décidée à Villeneuve-Loubet, a indiqué le Conseil d'Etat dans son ordonnance.

Une charia souriante sur les plages

Le député-maire "Les Républicains" de Villeneuve-Loubet , Lionnel Luca a estimé que cette décision ne "pouvait qu'attiser les tensions et les passions" autour de la question du burkini. "Il faut savoir si c'est une forme souriante et agréable de la chariat que l'on veut sur nos plages plutôt qu'une application de la loi républicaine".

Lionnel Luca, député-maire Les Républicains de Villeneuve-Loubet

La rentrée parlementaire risque d'être tendue autour de la question, car d'autres députés azuréens demandent au gouvernement de légiférer. Lionnel Luca a affirmé ce vendredi, qu'il deposerait dés la rentrée une proposition de loi pour interdire cet habit de bain. Même son de cloche du côté de Nice et de son premier adjoint au maire, Christian Estrosi, président de la région PACA et d'Eric Ciotti, député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes.

Le Conseil d'État avait été saisi en urgence par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et par le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Marwann MUHAMMAD, directeur du collectif contre l'Islamophobie.

Marwann MUHAMMAD, Directeur du collectif contre l'Islamophobie

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