Faits divers – Justice

L'assassin de Léa, assassinée en 2011 à Montpellier, s'explique enfin à la barre

Par Elisabeth Badinier et Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault et France Bleu jeudi 26 janvier 2017 à 11:52

© Maxppp -

Mercredi, au troisième jour du procès en appel du meurtrier de Léa, sauvagement assassinée en 2011 à Montpellier, l'accusé a enfin expliqué son geste : une panne sexuelle. Aujourd'hui, il regrette, des regrets sincères selon son avocat.

Coup de théâtre ce mercredi au procès en appel de Gérald Seureau devant la cour d'Assises de l'Aude. Alors que plus personne n'attendait plus rien de lui, l'accusé a enfin expliqué pourquoi il avait sauvagement violé puis tué Léa, le jour du 1er de l'an 2011 à Montpellier. Un crime pour lequel il a écopé la réclusion criminelle à perpétuité lors du premier procès.

Tout a commencé par l'audition des parents de la lycéenne. La mère, très émue, est venue dire combien elle souffrait et combien elle avait envie que tout cela se termine. Le père a laissé exploser sa colère en criant à Gérald Seureau que ce ne sont pas des années de prison mais une vie qu'il leur devait.

Il y a eu aussi les amis de Léa en pleurs qui ont parlé du manque qu'ils éprouvaient. Ces témoignages poignants ont peut être provoqué un déclic chez Gérald Seureau qui a saisi une perche tendue par un avocat de la partie civile.

Une panne sexuelle et un déchaînement de violence

"Toujours rien à nous dire ?" demande l'avocat du père de Léa. Gérald Seureau se lève, tous les regards sont braqués sur lui, pas un bruit dans la salle. Il hésite et raconte. Ce jour là, ils ont eu un début de relation et il a eu une panne sexuelle qui a crée chez lui une énorme frustration. "Est ce que Léa a eu un mot de trop ?" Il ne sait pas, peut-être.

Après, c'est un déchaînement de violence. Il raconte ses flashes : "je me vois sur elle, la main sur sa gorge, je me vois lui infliger plusieurs coups". Léa se défend, se retrouve face contre terre et là, il commet l'irréparable, il lui maintient la tête enfoncée dans le sol. Et bien pire encore, faisant allusion aux multiples viols.

La maman de Léa écoute le regard dans le vide. Gérard Seureau jure qu'il serait prêt à aller en enfer si cela pouvait ramener Léa à sa famille."C'est tout ce que je peux vous dire", il se rassoit le corps tremblant.

"Il s'est libéré, et aujourd'hui il porte une vraie culpabilité".

Pour Me Luc Abrakievicth, avocat de Gérald Seureau, l'accusé s'est enfin libéré : "Ce procès en appel est difficile pour tout le monde, mais là Gérald s'est libéré et il a peut-être libéré la famille. Ce qui est sûr c'est qu'on a les clés du passage à l'acte : l'alcool, la drogue, et le mal être d'un garçon et des frustrations qui se sont libérées dans un acte sauvage.

Il a dit qu'il était prêt à affronter l'enfer, ses démons qu'il cachait depuis six ans. C'est un homme qui est accablé par les remords et les regrets et qui porte une vraie culpabilité".

Me Luc Abrakievitch, avocat de Gérald Seureau.

Les personnes qui étaient à la soirée de réveillon en 2011 à Montpellier ont témoigné. Tous confirment que Léa et l'accusé, Gérald Seureau, avaient beaucoup bu et qu'ils avaient pris des amphétamines. Les participants à la soirée ont aussi confirmés que Léa et son meurtrier flirtaient ensemble avant de quitter la villa.

Dans la salle depuis le début du procès, il y a les proches de Léa dont Magalie, son amie d'enfance. Elle a assisté au premier procès à Montpellier et elle ne pouvait pas ne pas venir à Carcassonne. "Six ans de procédure, c'est long.

Léa c'était une jeune fille joyeuse pleine de vie qui voulait prendre son avenir en main et là, elle nous manque." Magalie fait partie de l'association les Amis de Léa (créée en août 2015) pour soutenir la famille de Léa moralement et financièrement.

Magalie, une amie de Léa