Faits divers – Justice

L'association Itinérance organise un pique-nique à Cherbourg en soutien aux migrants menacés d'expulsion

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Cotentin lundi 15 août 2016 à 22:17

Une quarantaine de personnes étaient réunies pour ce pique-nique de soutien aux migrants.
Une quarantaine de personnes étaient réunies pour ce pique-nique de soutien aux migrants. © Radio France - Clémentine Vergnaud

La quinzaine de migrants installée derrière la salle Nordez à Cherbourg devrait être expulsés dans les prochains jours. Pour les soutenir, l'association Itinérance organisait ce lundi soir un pique-nique sur le terrain. Près de 40 personnes ont répondu présent.

L'ultimatum arrive bientôt à sa fin. Pour la troisième fois en deux mois, les migrants installés derrière la salle Nordez, dans le quartier du Maupas à Cherbourg, vont être expulsés dans les prochains jours. Une évacuation qui fait suite à une décision du tribunal administratif de Caen le 10 août sur plainte de la mairie de Cherbourg-en-Cotentin. Pour montrer son soutien à la quinzaine de migrants qu'elle aide au quotidien, l'association Itinérance organisait ce lundi soir un pique-nique sur le terrain occupé. Près de 40 personnes ont répondu présent.

Colère, impuissance et lassitude

Jean Dussine, le président d'Itinérance, est fatigué de ce combat permanent avec les autorités, de ces expulsions à répétition. "On voudrait vraiment obtenir pour eux un accueil digne de ce nom. Nous sommes bien conscients que le camp actuel est insalubre mais on est aussi convaincus que le rendre plus salubre n'aurait pas été très difficile. Aujourd'hui, ce camp, c'est leur seule solution."

Selon l'association, il n'y a eu aucun contact avec la mairie cet été. Une absence de dialogue que déplore cette cherbourgeoise : "J'ai honte de Cherbourg qui ne fait rien pour les migrants. Ca fait mal parce que moi je ne peux rien faire." D'autres sont plutôt en colère contre la politique migratoire de la France et de l'Europe en général, comme Claude, qui a l'impression que l'Histoire se répète. "Je suis tenté de faire des liens avec ce qui se passait il y a 70 ans. On nous propose des tas d'émissions pour nous montrer comment les gens étaient maltraités mais aujourd'hui certains migrants sont tout aussi maltraités."

Pour l'instant, la situation est au point mort. Les migrants n'ont pas encore été expulsés et la mairie de Cherbourg-en-Cotentin dit vouloir éviter le recours à la force. Mais l'association n'a aucune autre solution pour héberger ces migrants. La création d'un centre d'accueil semble être un objectif très lointain. A l'heure actuelle, la moitié de ces migrants sont des mineurs et donc pas expulsables du territoire français.

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