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Faits divers – Justice

L'autoroute A28 entre Rouen et Alençon, "un scandale financier" selon l'hebdomadaire Marianne

mardi 3 juillet 2018 à 17:29 Par Claire Briguet-Lamarre, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu Maine

Selon nos confrères de Marianne, un montage financier ingénieux autour de l'A28 aurait permis à quelques créanciers de s'enrichir alors que l'Etat n'a pas touché un centime et que le prix des péages, lui, a doublé depuis la création du tronçon de 125 kilomètres entre Rouen et Alençon.

Le prix d'un trajet entre Rouen et Alençon a plus que doublé depuis la création de l'A 28
Le prix d'un trajet entre Rouen et Alençon a plus que doublé depuis la création de l'A 28 © Maxppp - Maxppp

Rouen, France

Ce sont nos confrères de l'hebdomadaire Marianne qui mettent au jour ce qui pourrait bien se révéler au scandale. Il est question du financement bien étrange des 125 kilomètres d'autoroute A28 entre Rouen et Alençon qui serait très profitable pour ses créanciers.

L'A 28 voit le jour il y a 13 ans, le concessionnaire est la société Alis. A l'époque, le projet est estimé à 700 millions d'euros et pour une fois il ne coûtera pas un centime de plus. Le concessionnaire Alis reçoit la moitié de cette enveloppe sous forme de subvention de l'Etat et emprunte le reste auprès de créanciers... qui vont être très bien rémunérés. Des intérêts de 4,5% plus l'inflation, cela va tout de même représenter la coquette somme de 360 millions d'euros jusqu'en 2015 ou Alis décide de faire racheter sa dette. C'est un un peu comme si vous souhaitiez renégocier un prêt immobilier quand les taux changent. 

L'aubaine financière du rachat de dette

Officiellement  le concessionnaire annonce que la fréquentation de l'autoroute A 28 n'est pas au rendez-vous et que les charges du crédit sont trop lourdes à porter. En réalité, une expertise indépendante établit à ce moment là que le nombre d'automobilistes est conforme à toutes les prévisions. Elle ajoute même que l'exploitation de l'autoroute coûte moins cher que prévu, l'autoroute est donc loin d'être un fardeau pour le concessionnaire et ses créanciers selon l'hebdomadaire. Mais le concessionnaire fait tout de même racheter sa dette  et l'opération va coûter cher car en plus des 460 millions d'euros empruntés, Alis doit signer ce que nos confrères de Marianne appelle "un joli chèque d'adieu": une sorte de bonus à ceux qui lui avaient prêté de l'argent. Le bonus est évalué à 128 millions d'euros puis grimpe mystérieusement de 200 millions d'euros.

Un créancier brade ses parts et les prix des péages doublent

Un autre épisode intrigue aussi nos confrères Marc Endeweld et Emmanuel Lévy, un créancier revend ses parts à un prix inférieur au marché, dans quel but ? Des intermédiaires auraient largement profité de cette aubaine selon l'hebdomadaire. Au final, d'après les calculs des journalistes de Marianne : Alis aurait dépensé un milliard d'euros pour la construction et l'exploitation de ce tronçon d'autoroute. Un milliard alors qu'il n'a coûté que 700 millions auxquels il faut enlever 350 millions de subventions publiques, selon nos confrères.

Et les clients de l'autoroute dans toute cette affaire ? Depuis la création de l'autoroute, le prix des péages a plus que doublé et l'Etat n'a pas touché un centime, il devra même attendre 37 ans au mieux pour en toucher son premier loyer.