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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

L’effroyable récit de Sylvie, ex-compagne du "tueur de la gare" de Perpignan

jeudi 8 mars 2018 à 13:31 Par François David, France Bleu Picardie, France Bleu Roussillon et France Bleu

Elle a partagé la vie de Jacques Rançon au moment où il commettait ses crimes atroces. Sylvie ne s’est jamais douté de rien… Elle a témoigné, ce jeudi matin, devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales.

© Maxppp - Olivier GOT

Perpignan, France

La situation est à peine concevable. Vous vivez avec quelqu'un. Le matin, vous partagez un café avec lui. Le soir, il commet un crime sanglant. Et le lendemain, la vie continue comme avant. C'est ce qu'a vécu Sylvie. Elle a témoigné ce jeudi matin devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, au quatrième jour du procès de Jacques Rançon.

Un t-shirt taché de sang

Cette nuit-là, Jacques Rançon est rentré "très énervé" avec un t-shirt taché de sang. Mais il lui a dit qu'il s'était battu. Que c'était son propre sang. Il semblait blessé au visage. Elle l'a cru. En fait, Jacques Rançon venait d'éventrer une jeune femme sous un porche à moins de 200 mètres du domicile du couple, et il l'avait laissée pour morte.

Pique-nique sur les lieux du crime

À cette époque-là, l'homme que Sylvie décrit comme "gentil et calme" était déjà le "tueur de la gare". Trois mois plus tôt, il avait violé et tué Moktaria sur un terrain vague. Dix-sept ans après, Sylvie a reconnu ce terrain sur les photos que lui présentaient les policiers. C'est là que Jacques Rançon l'emmenait régulièrement pour pique-niquer et "faire des bisous"

À l'endroit même où quelques mois plus tôt, il avait découpé le corps de l'étudiante. Devant la cour, Sylvie se souvient : "Jacques aimait aller à cet endroit. Il s'y sentait plus calme."

Elle n’a jamais rien soupçonné

Avec le recul, Sylvie se souvient de petits détails. Quand Jacques Rançon avait bu, "il voulait faire l'amour n'importe où". En cas de refus "il râlait, mais sans être violent". Et s'il portait en permanence un couteau de type Opinel à sa ceinture, dans un étui, "c'était pour son travail de magasinier à Saint-Charles". D'ailleurs, Sylvie qui travaillait dans la même entreprise, en avait un aussi. Bref, rien qui aurait pu lui mettre la puce à l'oreille.

Aucun changement de comportement

Trois mois après la tentative de meurtre sous un porche, Jaques Rançon violait, tuait et découpait Marie-Hélène. "Avez-vous remarqué un changement dans son comportement à cette époque ?", demande le président de la Cour à Sylvie. "Non." 

Il se trouve que Sylvie connaissait la victime. Elle travaillait avec la mère de Marie-Hélène dans une entreprise du marché Saint-Charles. Et lorsqu'une collecte a été organisée par les collègues à l'occasion des obsèques, Jacques Rançon a donné un billet... 

L’ombre d’un doute

Un jour de 1998, le "tueur de la gare" est rentré avec un cadeau pour Sylvie : une culotte et un soutien-gorge en velours. Ce n'était pas du tout la bonne taille. Impossible de les changer, a dit Jacques Rançon, car il les avait achetés en soldes. Aux policiers, il donnera plus tard une autre version : il les aurait volés dans un jardin. Qui sait à qui ont pu appartenir ces sous-vêtements…