Faits divers – Justice

L'élevage de visons d'Emagny pourrait accueillir jusqu'à 18 000 bêtes

Par Lila Lefebvre, France Bleu Besançon vendredi 21 juillet 2017 à 17:07

Elevage de visons.
Elevage de visons. © Maxppp - TITIA CARRIZEY

A Emagny, dans le Doubs, l'élevage de visons, pourtant fermé depuis 2015, pourrait s'étendre jusqu'à accueillir 18.000 animaux. C'est du moins l'avis d'une commission d'enquête chargée d'étudier la demande d'extension de cet élevage. Les associations de défense des animaux sont révoltées.

Nouveau rebondissement dans l'affaire qui remue le petit village d'Emagny sur le bord de l'Ognon. L'élevage de visons, aujourd'hui fermé, pourrait reprendre de l'activité et même accueillir jusqu'à 18 200 animaux comme le réclame depuis plusieurs années le propriétaire. Pour la première fois un commissaire-enquêteur est favorable à l'extension de l'exploitation, l'an dernier une commission similaire avait pourtant donné l'avis contraire.

Un passé judiciaire oublié

Le commissaire-enquêteur Gabriel Laithier motive sa décision en se fondant uniquement sur la situation actuelle du site ; "il ne me parait pas conforme de refuser l'autorisation au seul motif du passé et de la spécificité des animaux présents." Un passé pourtant chargé : en 2016, le propriétaire de l'élevage, Eric Raunet a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Besançon, pour mauvais traitements sur ses bêtes. En février 2015, le tribunal administratif de Besançon cette fois, avait prononcé l'annulation de deux arrêtés préfectoraux autorisant l'élevage de visons.

Aujourd'hui les autorités ont seulement à trancher sur les conséquences écologiques d'un tel élevage, notamment concernant le lisier produit par les animaux. Le commissaire expert, après analyse, juge que l'impact écologique est équivalent à celui de 70 vaches, ce que mettent en doute les associations écologistes. " Les analyses n'ont été faites que sur quelques centimètres de terres et ne prennent pas en compte la dangerosité d'un élevage de visons pour les sous-sols", estime Fabien Robert, président de l'association Combactive de Bourgogne Franche-Comté.