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Faits divers – Justice

L'enfarineur du maire de Nantes condamné à un mois de prison avec sursis

mercredi 9 janvier 2019 à 19:09 Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan

L'enfarineur du maire de Nantes était jugé ce mercredi par le tribunal correctionnel. Le 6 octobre dernier sur le marché de la Petite Hollande, ce jeune homme de 24 ans militant engagé auprès des migrants, s'en était pris à Johanna Rolland. Il est condamné à un mois de prison avec sursis.

Trois camions de policiers postés devant le palais de justice le jour du procès de l'enfarineur du maire de Nantes.
Trois camions de policiers postés devant le palais de justice le jour du procès de l'enfarineur du maire de Nantes. © Radio France - Pascale Boucherie

Nantes, France

Il reconnait avoir enfariné le maire de Nantes Johanna Rolland sur le marché de la Petite Hollande en octobre dernier. Un jeune homme de 24 ans était jugé ce mercredi par le tribunal correctionnel de Nantes. Dans une salle pleine à craquer : une centaine de personnes sont là pour le soutenir, et de nombreuses autres assistent au procès en se tordant le cou au-delà des portes de la salle d'audience. 

L'enfarineur prépare l'école d'avocats

L'enfarineur est diplômé d'une maîtrise en droit de l'environnement et il prépare l'école d'avocats. Pull soigné par dessus une chemise mauve, il est très grand - 1m95 - et très posé.

Je reconnais avoir jeté de la farine sur madame le maire de Nantes, je ne le referai pas, c'était idiot" dit-il calmement au président du tribunal.

La raison de son geste : montrer son désaccord avec la gestion municipale du dossier des migrants. Le prévenu est très impliqué dans cette cause. Avec 25 autres personnes il se partage la présidence de l'association "l'Autre Cantine", qui prépare et distribue des repas aux exilés. Dans un courrier envoyé au tribunal, un adjoint de la Ville de Nantes, Jean-Paul Huard, du groupe des élus écologistes et citoyens, salue d'ailleurs le travail du militant : "il mobilise des centaine de bénévoles pour nourrir les migrants".

Choc émotionnel, violences sur un élu de la République

La justice ne lui reproche pas ses opinions, mais sa méthode. "Le jet de farine ce sont des violences, un choc émotionnel sur un élu de la République" plaident l'avocat de Johanna Rolland et le procureur de la République. Ce dernier requiert une peine de quatre mois prison avec sursis et l'avocat de l'élue réclame un euro symbolique.

Pas de poursuite pour l'enfarineur de Manuel Valls

L'avocat du prévenu rappelle au président des faits antérieurs et fait remarquer :

Il n'y a eu aucune poursuite quand Manuel Valls a été victime d'un jet de farine à Strasbourg en décembre 2016"

Il demande la relaxe.

Son client est finalement condamné, après une heure et demi de délibéré, à un mois de prison avec sursis et 150 euros d'amende. Il devra également verser un euro de dommages et intérêts à Johanna Rolland.

Co-prévenue poursuivie pour outrage sur une adjointe

L'enfarineur était jugé en même temps qu'une jeune femme de 21 ans accusée elle d'avoir au même moment et au même endroit, injurié une adjointe au maire de Nantes.

Elle nie les faits

C'est une jeune femme tout de noir vêtu. Jupe, chemisier, bottines. Elle mesure 1m50. Passée par un service civique en Tunisie, elle est aujourd'hui animatrice dans un espace game. Elle ne reconnait pas les faits qui lui sont reprochés.

"J'étais sur le marché pour protester avec une quinzaine d'autres personnes contre l'évacuation d'un camp de migrants la veille et la fermeture d'un centre d'hébergement - l'ancien EHPAD Bréha - quelques jours plus tôt. Mais j'ai gardé mon calme".

Je suis formelle, je n'ai rien fait assure la prévenue"

La jeune femme s'énerve quand elle raconte son interpellation :

Je suis éprouvée car je me suis fait poursuivre par 25 personnes de la BAC. J'ai été presque étranglée"

Déjà condamnée pour outrages

La jeune femme a déjà été avertie par la justice : en juin dernier au cours d'examens organisés à Rezé dans la salle de la Trocardière elle avait injurié un responsable universitaire et avait été condamnée pour cet outrage.

Aujourd'hui elle écope de 300 euros d'amende et devra verser un euro de dommages et intérêts à sa victime.

Ces décisions de justice ont été accueillies par des huées dans le public.