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L'État français définitivement condamné dans l'affaire Marina

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

L'État français définitivement condamné par la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Marina, cette petite Sarthoise morte en août 2009 à Ecommoy après des années de torture de la part de ses parents.

En 2013, une marche blanche s'était tenue au Mans pour rappeler les nombreuses occasions ratées de sauver Marina.
En 2013, une marche blanche s'était tenue au Mans pour rappeler les nombreuses occasions ratées de sauver Marina. © Maxppp - OLIVIER BLIN

L'État français n'a pas fait appel, il est donc définitivement condamné par la Cour européenne des droits de l'homme (la CEDH) pour n'avoir pas su protéger la petite Marina. La fillette est morte en 2009 à 8 ans chez ses parents à Ecommoy (Sarthe) après des années de mauvais traitements et d'actes de torture et malgré plusieurs signalements.

"Une victoire" pour l'association Innocence en danger

Pour la présidente et fondatrice de l’association Innocence en danger, Homayra Sellier, cette condamnation définitive est "une victoire", "parce que rien ne peut justifier ce qui ne s'est pas fait pour protéger Marina". 

L’association espère que cette décision fera jurisprudence. "Avec cette condamnation, j'ai envie de croire à une prise de conscience de la part de l'État dans toute la chaîne de la protection des enfants en France", ajoute Homayra Sellier. 

Une succession de défaillances

En juin 2012, le procès des parents de Marina devant les assises de la Sarthe avait suscité une émotion immense en raison aussi de la chaîne des défaillances qu’il avait révélées. De sa naissance sous X en Picardie jusqu’à sa mort en août 2009 en Sarthe, la vie de Marina est jalonnée d’occasions manquées de la sauver de ses tortionnaires. 

Dans son arrêt, la cour mentionne notamment l’alerte donnée par la directrice de l’école de Saint Denis d’Orques en 2008 ou encore l’audition de Marina par les gendarmes après un signalement au parquet du Mans. A chaque fois, les parents ont berné leurs interlocuteurs, profitant également du manque de coordination entre les différents acteurs et multipliant les déménagements. 

La CEDH estime que "le système a failli à protéger [Marina] des graves abus qu’elle a subis de la part de ses parents et qui ont d’ailleurs abouti à son décès". Elle avait été saisie en 2015 par deux associations, Innocence en danger et Enfance et partage. Selon la Cour, il y a eu "violation de l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, qui concerne l’interdiction de la torture, des traitements inhumains ou dégradants". 

La France doit verser à l’association Innocence en danger un euro symbolique pour dommage moral et 15.000 € pour les frais engagés. 

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