Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire de "l'étrangleur de Strasbourg"

"L'étrangleur de Strasbourg" condamné à la prison à perpétuité

Par Clément Lacaton, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 23 mars 2016 à 16:53

Procès de Nicolas Charbonnier devant les assises du Bas-Rhin, mars 2016
Procès de Nicolas Charbonnier devant les assises du Bas-Rhin, mars 2016 © Maxppp -

Nicolas Charbonnier, surnommé l'"étrangleur de Strasbourg", a été condamné ce mercredi à perpétuité par les assises du Bas-Rhin. Il était jugé depuis une semaine pour le meurtre d'une adolescente et le viol d'une fillette de 10 ans, en 1986.

Trente ans après les faits, celui que l'on surnomme l'"étrangleur de Strasbourg", Nicolas Charbonnier, a été condamné ce mercredi soir à la prison à perpétuité. Après moins de trois heures de délibération, les jurés ont donc suivi les réquisitions de l'avocat général. Ce dernier estimait que "le temps a beau avoir passé, il ne rend pas moins aiguë la souffrance" des victimes et de leurs familles.

Nicolas Charbonnier a 10 jours pour faire appel mais il n'est pas du tout évident qu'il le fasse car il a confié à ses avocats qu'il voulait payer. Pour  Maitre Eric Braun, "il s'attendait à une peine de cette nature".

Une peine exemplaire qui 30 ans après les faits va permettre à Marion Villain, étranglée et violée alors qu'elle avait 10 ans, de tourner la page. Son avocat, Yannick Pheulpin a indiqué que "leurs souffrances ont été visiblement prises en compte et c'est le soulagement pour elles de ce dire qu'on est arrivé au bout".

Individu "pervers" et "dangereux"

Lors du procès, l'accusé, âgé de 53 ans, a été dépeint par les experts comme un individu "pervers" et "potentiellement dangereux". Les jurés ont pris leur décision au regard de deux crimes longtemps restés dans l'ombre, jusqu'à ce que les empreintes du Nicolas Charbonnier le trahissent, en 2012.

"Actes de barbarie"

D'abord le viol et la strangulation d'une fillette de 10 ans, puis le meurtre d'une adolescente de 17 ans. Meurtre avec, circonstance aggravante retenue par la cour d'assises, "actes de barbarie" : l'avocat général a souligné que Nicolas Charbonnier s'est "amusé avec son corps" et a "porté atteinte à sa dignité" en la dénudant et en lui coupant des poils pubiens.

Je hais le jeune homme que j'ai été il y a 30 ans, c'est vraiment un énorme gâchis"

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Un peu plus tôt, en ce dernier jour du procès, Nicolas Charbonnier avait demandé "sincèrement pardon" à ses victimes et à leurs familles. "Je hais le jeune homme que j'ai été il y a 30 ans, c'est vraiment un énorme gâchis", a-t-il ajouté.

L'homme a été interpellé à Bordeaux début 2013, ville où il avait refait sa vie. Il est le père d'une petite fille, aujourd'hui âgée de dix ans.

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