Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

L'ex-directeur du CHU de Caen, condamné à 18 mois de prison ferme, fait appel

Caen, France

L'ex-directeur du CHU de Caen a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois ferme. Une condamnation qui intervient 7 ans après le scandale de la rénovation de son logement de fonction pour près d'1 million d'euros, payés par le budget de l'hôpital le plus endetté de métropole. Il va faire appel.

Joël Martinez, ancien directeur du CHU de Caen, au tribunal.
Joël Martinez, ancien directeur du CHU de Caen, au tribunal. © Radio France - Nolwenn Le Jeune
Le CHU de Caen est en 2009 l'hôpital le plus amianté et les plus endetté de métropole.
Le CHU de Caen est en 2009 l'hôpital le plus amianté et les plus endetté de métropole. © Radio France - Francis Gaugain

L'ancien directeur du CHU de Caen, Joël Martinez, avait été jugé par le tribunal correctionnel de Caen le 24 mai dernier pour abus de confiance et non respect du code des marchés publics. Un procès qui avait lieu sept ans après la rénovation à grands frais de son logement de fonction, et de ceux de deux de ses directeurs adjoints. Ce jeudi, il a été condamné à 18 mois de prison ferme, et à verser plus de 380 000 euros de dommages et intérêts au CHU. Joël Martinez trouve la condamnation disproportionnée et annonce qu'il va faire appel.

Le CHU, hôpital le plus endetté et le plus amianté de France

L'affaire avait fait l'effet d'une bombe dans la tour du CHU en 2009. L'hôpital caennais, estampillé plus amianté de France, est alors l'un des plus endettés, juste après les Antilles. Les personnels, obligés de faire des économies à tous les étages, découvrent que leur directeur lui ne s'est pas privé pour rénover son logement de fonction. Ainsi que ceux de deux de ses directeurs adjoints.

Des dépenses de rénovation qui frôlent le million d'euros

Véranda, cheminée, terrasse, cuisine, serrurerie à prix d'or... Il y en a au total pour 990 144 euros. Des dépenses somptuaires, financées par le budget de l'hôpital. Et tout cela au prix de nombreuses irrégularités. Aucune mise en concurrence, aucun appel d'offre comme c'est normalement la règle pour les dépenses dépassant 4000 euros. Joël Martinez avait démissionné précipitamment. Révoqué depuis, il a reçu une première amende de 6000 euros, infligée par la cour de discipline budgétaire. Amende record au regard des sanctions traditionnellement délivrées par cette juridiction.

Joël Martinez (à droite) et son avocat au tribunal correctionnel de Caen.
Joël Martinez (à droite) et son avocat au tribunal correctionnel de Caen. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Les explications de Joël Martinez devant les juges

Le 24 mai dernier, l"ancien directeur avait tenté, lors d'une audience fleuve, d'expliquer aux juges qu'il était accaparé par ses fonctions à la tête du CHU. Notamment le désamiantage et la réduction du déficit "sans casse sociale". Pour justifier les coûts, comme par exemple, la rénovation pour 300 000 euros d'un logement de 100 m,² destiné à un directeur-adjoint : "pour avoir les meilleurs, il faut les attirer avec des prestations haut de gamme", s'était-il défendu. Et sur les dépenses somptuaires faites pour rénover son propre logement - 83 000 euros de plomberie, 110 000 d'électricité,  67 000 de peinture, entre autres - il avait expliqué vouloir "accueillir au mieux et au plus vite" sa famille.

Joël Martinez condamné à 18 mois de prison ferme

Mais le tribunal a  considéré qu'il avait dépassé les bornes. Surtout dans un contexte d'économies destinées à réduire le déficit abyssal du CHU. Joël Martinez a été condamné à 36 mois de prison, dont 18 mois avec sursis. C'est beaucoup plus lourd que les réquisitions du procureur à l'audience, qui avait réclamé "au moins 1 an de prison avec sursis". Il doit en outre verser 370 733 euros de dommages et intérêts au CHU, partie civile, pour le préjudice matériel, et 10 000 pour le préjudice moral. L'ancien directeur a également été condamné à l'interdiction des ses droits civiques pendant 5 ans. Interdiction également durant la même durée d'exercer une activité dans la fonction publique.

Joël Martinez, absent ce jeudi à l'énoncé du jugement, a fait savoir par la voix de son avocat qu'il trouvait la décision disproportionnée et qu'il allait faire appel.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu