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L'historien limougeaud Pascal Plas expertise la justice au procès de l'attentat contre Charlie Hebdo

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Par , France Bleu Limousin

Des historiens de l'université de Limoges assistent chaque jour au procès des attentats contre Charlie Hebdo à la demande du Ministère de la Justice. Leur mission, mener une expertise sur la qualité de la justice. Parmi eux, l'historien Pascal Plas. Entretien.

Les rescapés de Charlie Hebdo qui témoignent au palais de justice de Paris. Ici Chloe Verlhac, veuve de Bernard Verlhac alias Tignous (photo d'illustration)
Les rescapés de Charlie Hebdo qui témoignent au palais de justice de Paris. Ici Chloe Verlhac, veuve de Bernard Verlhac alias Tignous (photo d'illustration) © Maxppp - Olivier Lejeune

Quatre universitaires de Limoges assistent au procès des attentats contre Charlie Hebdo et l'hypercasher de janvier 2015 à Paris. Des historiens chargés de mener une expertise sur la justice. Un groupe dans lequel on retrouve Pascal Plas. Il nous explique plus précisément en quoi consiste leur travail. Entretien avec Françoise Pain.

Qu'est-ce que des universitaires comme vous vont faire dans ce procès historique ?

Il y a des universitaires de Limoges mais aussi de Science Po. Ce qu' l'ont fait, c'est une expertise sur la qualité de la justice face à des situations extraordinaires. Ici le procès de Charlie Hebdo et de l'hypercasher et bientôt le procès du Bataclan nous ont été confiés comme "un chantier" d'analyse et d'expertise par le ministère de la justice.

Voir comment la justice a évolué jusqu'à nos jours sur ces questions de terrorisme

C'est un travail d'historien ou plutôt de sociologue ?

C'est tout à la fois. C'est pour cela que nos sommes une équipe pluridisciplinaire. Nous avons quatre axes de recherche. La mission, c'est de reprendre l'histoire des procès du terrorisme. Depuis les attentats anarchistes, c'est à dire depuis le 19e siècle. De voir comment la justice a évolué jusqu'à nos jours sur ces questions de terrorisme. Nous avons un axe d’anthropologie du procès. C'est pour cela que nous ou nos stagiaires assistons aux audiences. Nous y avons aussi installé nos étudiants. Et au fond, nous surveillons les audiences pour voir comment se comporte tous les acteurs. Les victimes, les parties civiles, les magistrats, les avocats. Ensuite, nous les interviewons. Il y a des entretiens qui seront faits avec tous ces professionnels. Il y a des politistes parce que c'est une histoire qui dépasse largement la justice. Et il y a des archivistes puisque ce procès sera archivé aux archives nationales. 

C'est un procès qui doit durer au moins deux mois. On imagine qu'il est difficile d'échapper à l'émotion qu'il y a aux audiences ?

C'est très difficile d'être à la fois un observateur impartial et de ne pas être submergé par l'émotion. Mais il faut que nous trouvions une position entre l'approche scientifique et la gestion de nos propres émotions.

Le rapport servira peut-être au grand centre d’interprétation du terrorisme

Au delà du procès, combien de temps va prendre ce travail ?

Nous avons pratiquement trois ans d'observation et ensuite nous remettrons un gros rapport terminal qui servira peut-être pour cet établissement qui doit naître à Paris dans les cinq années à venir et qui sera un grand centre d'interprétation du terrorisme. Un peu sur le modèle de ce qui a été fait à New-York. 

Peut-on parler d'une belle reconnaissance pour l’Université de Limoges et pour son travail en terme d'Histoire ?

Oui. C'est pour le laboratoire que je dirige depuis cinq ans un point d'orgue. Une reconnaissance de nos travaux en matière de justice pénale internationale et sur la qualité de la justice. Sur la façon dont la justice est ressentie. La façon aussi dont on peut améliorer les liens entre la justice et le citoyen. 

Est-ce important que le procès soit filmé pour que les citoyens puissent le regarder dans quelques années ?

C'est très important. D'abord parce que les chercheurs y auront accès assez rapidement. Il fera partie de la série des pratiquement 15 procès qui ont été filmés ces dernières années, depuis Barbie, Touvier, Papon mais aussi AZF et d'autres procès de ce type. On constitue une vraie base de recherche pour d'autres générations qui viendront et qui décortiquerons ces images. Cela invite aussi à s'interroger sur l’intérêt de ce filmage. La façon dont on le fait et la façon dont on l’exploite ensuite. Y compris pour les jeunes générations qui auront encore plus besoin d'images pour comprendre ce qu'est cette justice. 

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