Faits divers – Justice

L’hommage aux mineurs de Moselle décédés il y a 40 ans au puits Vouters

Par Rachel Noel, France Bleu Lorraine Nord vendredi 30 septembre 2016 à 17:20

Cérémonie en mémoire de la catastrophe du puits Vouters de Freyming-Merlebach en Moselle
Cérémonie en mémoire de la catastrophe du puits Vouters de Freyming-Merlebach en Moselle © Radio France - Rachel Noel

Le 30 septembre 1976, seize mineurs mourraient au puits Vouters à Freyming Merlebach. L’incendie suivi d'une explosion s'était déclaré au fond, à - 1036 mètres en milieu d’après-midi à la base de la veine 2A.

Il y a 40 ans, le 30 septembre 1976, seize mineurs mourraient au puits Vouters à Freyming Merlebach. L’incendie suivi d'une explosion s'était déclaré au fond, à - 1036 mètres en milieu d’après-midi à la base de la veine 2A. C’est l’une des catastrophes les plus meurtrières dans les mines de Moselle, après celle du puits Simon à Forbach en 1985, où 25 mineurs ont perdu la vie. Ce jour-là, 16 hommes avaient perdu la vie. Leurs corps étaient restés au fond. Impossible de les remonter.

40 ans après la catastrophe, une cérémonie a eu lieu comme chaque année à l'église de Freyming vendredi 30 septembre 2016. Les mineurs se sont ensuite rendu à pied devant la stèle de Vouters, là où était installé le siège des HBL à Merlebach. Les noms des 16 victimes ont été égrenées avant un hommage funèbre.

Les miraculés de Vouters

Dans ce drame, 4 hommes qui travaillaient au même étage, s'en sont sortis. Parmi eux Bernard Muller et Robert Mlekus. Ce dernier avait 40 ans. à l'époque il était porion. Et ce souvenir reste à jamais gravé dans sa mémoire. Avec ses camarades, ils étaient au même niveau que l'explosion.

«Nous sommes sortis de notre chantier en courant quand on a entendu l’explosion. On a cavalé 400 mètre à 4 pattes. Il y avait de la suie, à telle point que quand on marchait ça se soulevait. Les cadavres par terre, étaient méconnaissable tellement ils étaient recouvert de suie ».

Ils ont été les derniers à remonter, après les accès ont été condamnés pour éviter la propagation et surtout une autre explosion.

Laisser les corps au fond : un crève-coeur

Pendant les première journées, la fumée grise continue sans arrêt de se dégager du puits. Les conditions d'interventions sont délicates et les sauveteurs utilisent des masques pour respirer. Il faudra trente jours pour tout sécuriser. Alain Rollet dernier directeur de Merlebach avait été embauché en 75, un an avant la catastrophe, il se rappelle cette décision difficile à prendre. A l'époque, on décide de condamner les accès pour éviter la propagation et surtout une autre explosion. Il faut sauver le siège de Merlebach, car ici, 4.000 hommes travaillent et on ne peut pas prendre le risque de mettre en péril toute l'exploitation. Une décision difficile, car il faut laisser les morts au fond.

"La décision la plus délicate c’était de décider de laisser les corps au fond. C’était beaucoup trop dangereux. Vous ne pouvez pas les oublier. Cela reste gravé dans votre tête ad vitam eternam"