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Faits divers – Justice

"L'homosexualité est une abomination" : la condamnation de Christine Boutin annulée en cassation

mardi 9 janvier 2018 à 17:53 - Mis à jour le mardi 9 janvier 2018 à 19:09 Par Germain Arrigoni, France Bleu

La Cour de cassation a annulé mardi la condamnation pour "provocation à la haine ou à la violence" de l'ancienne ministre Christine Boutin, qui avait affirmé que "l'homosexualité est une abomination".

En première instance, en décembre 2015, le tribunal correctionnel avait même été plus sévère encore que les réquisitions du procureur
En première instance, en décembre 2015, le tribunal correctionnel avait même été plus sévère encore que les réquisitions du procureur © AFP

Il n'y aura pas de nouveau procès. La Cour de cassation a annulé mardi la condamnation pour "provocation à la haine ou à la violence" de Christine Boutin. 

Alors que l'ancienne ministre avait affirmé que "l'homosexualité est une abomination", la haute juridiction a estimé que "le propos incriminé, s'il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d'appel ou d'exhortation à la haine ou à la violence à l'égard des personnes homosexuelles".

"Tradition chrétienne"

Dans un entretien à la revue Charles, paru en avril 2014 sous le titre "Je suis une pécheresse", Christine Boutin affirmait : "L'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n'est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné".

"Mon opinion s'inscrit dans la tradition chrétienne", avait ensuite justifié l'ancienne députée des Yvelines, tout en précisant qu'elle avait plus tard regretté ses propos. "Mais je suis une femme directe, j'essaye d'être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles", avait-elle assuré.

"Je suis heureuse"

"Je suis heureuse d'être blanchie par cet arrêt de la plus haute cour française", a réagi Christine Boutin auprès de l'AFP. "Je suis surtout satisfaite de constater que la Cour de cassation a confirmé que la liberté d'expression et la liberté de conscience existaient toujours dans notre pays", a-t-elle ajouté. 

De son côté, Me Etienne Deshoulières, qui défend l'association Mousse, l'une des parties civiles au procès, a "regretté" cette décision tout en estimant, au vu du terme "outrageant" employé par la Cour de cassation, que "si les associations LGBT avaient agi sur le fondement de l'injure et non de l'incitation à la haine, Christine Boutin aurait été condamnée".

L’ancienne présidente du Parti chrétien démocrate avait été condamnée à 5.000 euros d'amende le 18 décembre 2015 par le tribunal correctionnel de Paris pour "provocation publique à la haine ou à la violence", une décision confirmée en appel le 2 novembre 2016. Elle avait également été condamnée à verser 2.000 euros de dommages et intérêts aux associations Mousse, Le Refuge et Inter-LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans) qui s'étaient constitué parties civiles. Christine Boutin avait formé un pourvoi en cassation.

Pasionaria de la droite conservatrice et catholique, Christine Boutin, 73 ans, a mis fin en octobre à 40 ans de carrière politique.