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Faits divers – Justice

L'hôpital d'Argenteuil sensibilise son personnel aux violences en milieu de santé

jeudi 11 octobre 2018 à 16:42 Par Marine Chailloux, France Bleu Paris

L’hôpital d’Argenteuil (Val-d'Oise) organise toute la semaine des ateliers bien-être au travail avec cours de yoga, massage, conférences... Et parmi les sujets abordés, le personnel a été sensibilisé aux violences en milieu de santé afin de porter davantage plainte. Fait rare pour le moment.

Le centre hospitalier Victor-Dupouy d'Argenteuil incite son personnel de santé à réagir face aux violences en milieu de santé : signalements des faits à la direction, dépôt de plainte, procès...
Le centre hospitalier Victor-Dupouy d'Argenteuil incite son personnel de santé à réagir face aux violences en milieu de santé : signalements des faits à la direction, dépôt de plainte, procès... © Radio France - Marine Chailloux

Argenteuil, France

Lutter contre les violences en milieu hospitalier pour améliorer les conditions de vie au travail et en répercussion améliorer les soins, c’est l’objectif de l’hôpital Victor-Dupouy d’Argenteuil (Val-d'Oise). L'établissement organise toute la semaine des ateliers bien-être au travail : cours de yoga, massage, conférence sur le bon usage des réseaux sociaux, sur la nutrition, sur le travail de nuit… Et parmi les sujets évoqués, les violences à l’hôpital ont fait l'objet d'une conférence et de plusieurs ateliers avec le personnel de santé. 

Reportage L'hôpital d'Argenteuil incite son personnel à porter plainte contre les violences

Le centre hospitalier fait de la prévention pour apprendre à son personnel à bien réagir, mais surtout pour l’inciter à se défendre. Signalements à la direction, dépôt de plainte, de main courante, procès... l'hôpital veut que les fonctionnaires reconnaissent qu'ils peuvent être des victimes. Fait encore rare dans le milieu de la santé…

Insultes, menaces de mort et même des coups

"Les violences sont quasi quotidiennes, explique Anaïs, 25 ans. Elle travaille en psychiatrie, le service le plus touché par les violences hospitalières, avec les urgences. "Ce sont des insultes, des menaces de mort et parfois des coups". L'été dernier, une de ses collègues a été frappée au visage.  Elle-même a été témoin et victime d'injures et de coups donnés par une patiente. Pourtant, comme la majorité des personnels de santé, elle n'a jamais porté plainte. 

Anaïs, 25 ans, déjà victime à plusieurs reprises d'insultes et de coups n'a pourtant jamais porté plainte

"Depuis le début de l'année, je n'ai eu que deux plaintes, déplore Stéphan Pilorget, commissaire à Argenteuil. C'est difficile de reconnaître que l'on est une victime. Les personnels de santé pensent que les violences sont inhérentes à leur métier, au port de la blouse blanche, mais c'est faux".

Seuls 7% des hôpitaux signalent les faits de violences

Signe que cela change un peu, les faits de violence rapportés à la direction de l'hôpital sont en hausse constante : 150 signalements en 2016, 170 en 2017. Et pour 2018, ce chiffre a déjà été dépassé. Mais les hôpitaux ne sont pas nombreux à rendre public ces faits de violence. "Seuls 7% des établissements de santé transmettent ces informations à l'ONVS, (l'observatoire national des violences en milieu de santé, NDLR), constate Vincent Terrenoir commissaire divisionnaire au ministère de la Santé. Mais c'est les violences ont une incidence sur la qualité des soins, il faut être ferme, porter plainte, c'est la qualité des soins qui est en jeu".

Vincent Terrenoir commissaire divisionnaire au ministère de la Santé incite à la fermeté et au dépôt de plainte car selon lui la qualité des soins est en jeu

La loi protège pourtant les personnels de santé. Depuis 2003, ils ont un statut particulier et comme pour des forces de l'ordre, une agression sur ces fonctionnaires dans l'exercice de leur fonction est un facteur aggravant.