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Faits divers – Justice

L’un des membres présumés du groupe AZF avait une entreprise à Champcevrais dans l’Yonne

jeudi 28 juin 2018 à 18:08 Par Isabelle Rose, France Bleu Auxerre et France Bleu Orléans

Stupeur en Puisaye après l'arrestation de deux hommes et une femme cette semaine dans l'Yonne, en Seine-et-Marne et dans le Loiret. Parmi les personnes interpellées : l'ancien responsable de l'entreprise Biofontaine installée à Champcevrais.

L'entreprise Biofontaine, route de Bléneau à Champcevrais
L'entreprise Biofontaine, route de Bléneau à Champcevrais © Radio France - Isabelle Rose

Champcevrais, France

Les enquêteurs soupçonnent ces trois personnes d'être impliqués dans l'affaire du mystérieux "groupe AZF", groupe qui avait menacé de saboter le réseau ferré français en 2003-2004. Le commando réclamait une forte rançon, quatre millions de dollars et un million d'euros pour ne pas mettre leur plan à exécution. A l'époque, ces menaces avaient été prises très au sérieux. L’enquête, sur indication du groupe AZF, avait permis de découvrir un engin explosif sous le ballast de la ligne Paris-Toulouse, dans la Vienne, en 2004. De l'ADN retrouvé sur le carton contenant la bombe artisanale, découverte il y a 14 ans, correspondrait à celui de l'ancien chef d'entreprise poyaudin. 

A Champcevrais, petit village de 375 habitants, tout le monde tombe des nues. A la sortie du village en direction de Bleneau, l'enseigne " Biofontaine.com" est toujours présente sur le bâtiment qui abritait l'entreprise de traitement de l'eau du principal suspect du groupe appelé AZF. A quelques dizaine de mètres de là, Maurice, l'un des plus proches voisins de l'entreprise est encore sous le choc. «Cette personne, je la connaissais de vue, sans plus. Cela m’a quand même surpris. On ne s’attendait pas à cela, ça étonne tout le monde ».Dans le village l’homme était en effet discret. Il se déplaçait souvent en vélo, fréquentait parfois le restaurant du village, mais rien de plus. Jacques un ancien salarié de Biofontaine se souvient d'un dirigeant très discret. J’ai travaillé dans son entreprise pendant 18 mois jusqu’au dépôt de bilan en juin 2003.On travaillait beaucoup avec une grosse société du sud-ouest vers Toulouse. Et puis du jour au lendemain, cette entreprise à laquelle nous fournissions des appareils à cesser ses commandes. Donc il a dit à tous les salariés qu’il ne pouvait pas nous garder. On a tous été licenciés et puis c’est tout. » Mais, ajoute Jacques, « cet homme de 70 ans était à l’époque un bon professionnel, bricoleur, plutôt zen, décontracté même mais qui restait très réservé : la pluie et le beau temps et le travail de l’entreprise c’est tout. »

Jacques ex salarié de Biofontaine et Pierre Denis le maire de Champcevrais - Radio France
Jacques ex salarié de Biofontaine et Pierre Denis le maire de Champcevrais © Radio France - Isabelle Rose

Un bon professionnel, zen  mais reservé - Jacques ancien salarié

Le témoignage de Jacques ex-salarié

Biofontaine cesse son activité en 2003. L'entreprise travaillait peu sur  le secteur se souvient Pierre Denis le maire de la commune. « Le seul gros chantier sur la commune dont je me souvienne concerne la maison de retraite de 85 lits de Champcevrais. Il a installé tout le dispositif de filtration de l’eau. Mais à part ce chantier, à ma connaissance, il ne travaillait pas dans le coin. Disons que dans la commune c’était une personne très discrète, je savais qu’elle avait une entreprise de traitement de l’eau de 2001 jusqu’en 2003/2004 date à laquelle l’entreprise a déposé le bilan. A part cela c’était quelqu’un que l’on ne voyait pratiquement jamais dans la commune. Je l’ai personnellement rencontré qu’à une ou deux reprises en mairie. Pour des problèmes de connexion Internet notamment. Sinon il ne participait pas à la vie associative du village. Il menait sa petite vie tranquille sans se faire remarquer »conclu le maire de Champcevrais.

La garde à vue de l'homme aujourd'hui âgé de 70 ans a été prolongée. Tout comme celle d’une femme de 56 ans, ex salariée, interpellée en même temps dans le cadre de cette affaire. Un autre homme a, lui, été remis en liberté.

Pour l’instant, les enquêteurs n’écartent aucune piste. Acte terroriste ou piste crapuleuse motivée par des difficultés financières.