Faits divers – Justice

La base de loisirs d'Arc-sur-Tille endeuillée après la mort d'un baigneur

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne vendredi 26 août 2016 à 18:18

La base d'Arc-sur-Tille avait déjà connu un grave incident l'été dernier
La base d'Arc-sur-Tille avait déjà connu un grave incident l'été dernier © Radio France - Arnaud Racapé

Ambiance lourde à la base d'Arc-sur-Tille après la mort d'un nageur d'une trentaine d'années dans la zone de baignade ce jeudi. Une enquête est en cours au niveau de la préfecture de la Côte-d'or pour faire toute la lumière sur l'événement. Pour l'heure, la piste du malaise est privilégiée.

Pour les salariés présents lors du drame, l'incident est très dur à encaisser. Il semble malgré tout que le protocole de sécurité a été parfaitement respecté par les maîtres-nageurs. Comme d'habitude, les BNSSA (titulaires du brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique, ndlr) étaient au nombre de trois, ce jeudi, talkie-walkie à la main, pour surveiller les 250 mètres de plage. Et ils ont scrupuleusement suivi le protocole de sécurité selon Patrice Chiffolot le président de la communauté de communes de la Plaine des Tilles qui gère le site.

Les maîtres-nageurs ont appliqué strictement ce qui était consigné

"Le premier va porter secours dans l'eau, le deuxième le rejoint en appui, et le troisième alerte les secours et fait évacuer les personnes de l'eau. Les maîtres-nageurs ont appliqué strictement ce qui était consigné. Après on peut évidemment se demander si on peut faire mieux, car on est toujours perfectible, et on ne se privera pas de nous engager dans cette démarche."

Toujours plus de prévention

100% de sécurité, on le sait c'est impossible, surtout en période de forte chaleur et donc de grosse affluence. Mais un peu de pédagogie auprès des usagers ne fait jamais de mal, la prévention c'est d'ailleurs l'une des missions des BNSSA comme Hélène :

"Certains parents perdent leurs enfants très facilement, donc il faut faire attention. Après on a pas mal de coups de chaleurs, de petits bobos, on essaie de leur dire de boire, d'essayer de en pas aller directement dans l'eau, et puis au niveau de la sécurité des baigneurs, quand ils sont hors zone de surveillance on est obligés souvent d'y aller, justement pour prévenir."

Des incidents tous les étés

Des conseils qui n'empêchent pas certains baigneurs de s'aventurer en dehors des zones de baignade. Oumar, autre maître-nageur, l'a déjà constaté : "À gauche de la base il y a une sorte de petit ponton en dehors de la zone de baignade, et plusieurs jeunes au cours de ces trois dernières années ont plongé la tête la première dans l'eau sans connaître la profondeur. Ils se retrouvent parfois paralysés à vie. Juste parce qu'ils ont plongé dans une zone interdite pendant un weekend. Ça aussi ça peut être évité. Nous on intervient quand on peut mais on a aussi une zone de baignade à surveiller."

En 15 secondes, on peut avoir un noyé

Oumar l'assure, le niveau de sécurité sur la base est bon, il suffit parfois d'un peu plus d'attention de la part des baigneurs pour sauver une vie, car lui et ses collègues ne peuvent pas avoir les yeux partout : "C'est aussi aux usagers de nous aider.  Je me souviens d'un papa qui accompagnait son fils pour un anniversaire, ils étaient huit. Il y avait des enfants qu'il ne connaissait pas, mais il y avait une gamine qui se noyait à 30 centimètres de lui ! J'y suis allé, j'ai sauté, ça s'est bien passé, mais il aurait suffi que je ne regarde pas à ce moment-là, la gamine aurait été inconsciente. Ça va très très vite, quelqu'un qui panique ou qui fait un malaise, en 15 secondes on peut avoir un noyé, alors que c'est quelque chose qui ne devrait pas arriver."

En été, la base d'Arc-sur-Tille peut accueillir jusqu'à 6.000 baigneurs par jour, ce qui rend le travail des sauveteurs extrêmement délicat.

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