Faits divers – Justice

La belle-mère de Julien a-t-elle trop tardé à appeler les secours ?

Par Maxime Bacquié, France Bleu Isère lundi 10 octobre 2016 à 18:46

La belle-mère de Julien est ce mardi devant la cour d'appel de Grenoble.
La belle-mère de Julien est ce mardi devant la cour d'appel de Grenoble. © Maxppp - Jean-Sébastien Faure

Alors qu'elle a été relaxée en 2014, la belle-mère de Julien, cet adolescent de 15 ans qui s'est suicidé à Saint-Quentin-Fallavier en novembre 2013 en avalant un grand nombre de médicaments, est rejugé ce mardi devant la cour d'appel de Grenoble pour non-assistance à personne en danger.

Nathalie Di Pierno, la maman de Julien, attend beaucoup de ce procès en appel. En septembre 2014, quand le tribunal correctionnel de Vienne relaxe le père et la belle-mère de Julien, estimant qu'aucun délit n'a été commis le 28 novembre 2013, jour de la mort de l'adolescent, Nathalie n'a pu contenir sa colère. "On a voulu faire passer mon fils pour un suicidaire. On a parlé de sa vie sociale, c'est parti dans tous les sens, et à la fin je n'ai aucune réponse à mes questions". Le parquet, qui avait requis trois ans d'emprisonnement avec sursis à l'encontre de la belle-mère, avait fait appel de cette relaxe. "Il y a eu des erreurs ce jour-là, et aujourd'hui je veux juste entendre le mot coupable, pour moi et les trois sœurs de Julien" assure la maman, qui sera présente à l'audience.

La belle-mère de Julien pense d'abord à une gastro-entérite

Nathalie se demande notamment pourquoi la belle-mère de Julien, qui est infirmière, a mis autant de temps à appeler les secours, alors que l'état de santé de Julien se dégradait au fil de la journée. Dès le matin, l'adolescent est pris de diarrhées et de vomissements. La belle-mère, puis le père, qui rentre manger le midi, pensent d'abord à une gastro-entérite. En réalité, Julien, qui est en difficulté scolaire, a ingurgité 60 cachets de Colchimax, un médicament puissant contre la goutte, trouvés dans l'armoire à pharmacie de son père, qui vit à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère.

La belle-mère finit par tomber sur les boites vides. Elle en parle donc à son fils, qui avait déjà évoqué par le passé son intention de mettre fin à ses jours. Mais il jure qu'il n'a pas pris ces médicaments et elle attend 18h30 pour appeler les secours, alors que Julien vient de faire un malaise. Arrivés sur place, les secouristes ne peuvent rien faire pour sauver l'adolescent, qui décède à 19h50. Ses proches ont participé samedi dernier à une marche blanche, à Pélussin, dans la Loire, où vit la maman de Julien.

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