Faits divers – Justice

La caméra piéton s'installe chez les policiers municipaux de l'agglomération dijonnaise

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne lundi 11 janvier 2016 à 18:40

Caméra installée sur des policiers nationaux
Caméra installée sur des policiers nationaux © Maxppp

La police municipale retrouve un peu le sourire ! Après Longvic en mai dernier, les communes de Marsannay-la-Côte et Chenôve dans l'agglomération dijonnaise (21) ont fait le choix d'équiper leurs policiers municipaux de "caméras piétons", des caméras fixées directement sur le gilet des agents.

Pourquoi une telle mesure ? Pour mieux se protéger en cas de conflit lors d'une intervention. De l'avis de tous ou presque, ce dispositif apporte de la sérénité sur le terrain, pour un coût des plus raisonnables.

"Attention, à partir de maintenant, vous êtes filmés" !

Voilà la petite phrase que les policiers municipaux vont devoir prononcer en cas d'utilisation de leur caméra, afin de prévenir le justiciable. Mais attention, il n'est pas question de filmer toutes leurs interventions sur le terrain, le petit gadget sera uniquement déclenché dans les situations tendues. Lors d'un flagrant délit, par exemple, ou lorsqu'une personne menace de devenir violente.

À entendre les intéressés, les avantages de la caméra piéton sont nombreux : à l'usage, celle-ci dissuade très souvent les contrevenants de s'en prendre verbalement ou physiquement aux policiers et désamorce pas mal de conflits. Les agents sont donc mieux protégés, mieux sécurisés, pour un coût par ailleurs très limité, de 250 à 500 euros par caméra. Même l'argument juridique semble aller en faveur de ce dispositif, puisque s'il n'existe à ce jour aucune réglementation en la matière, les agents interviennent la plupart du temps sur la voie publique, il n'y a donc pas de problème de vie privée. Sans compter que ces images n'ont vocation ni à être stockées ni à être diffusées, et qu'elles pourront aussi être utiles aux citoyens, pour prouver leur bonne foi le cas échéant.

Les agents sont en demande de sécurisation

Bref, il y a du bon sens dans cette mesure, selon Éric Heilmann, sociologue, professeur à l'université à Dijon et spécialiste des questions de vidéosurveillance : "C'est d'abord et avant tout pensé pour sécuriser l'intervention des agents sur le terrain, qui se sentent donc plus sûrs pour agir. En cas d'incident cela permet d'apporter la preuve que tout s'est passé dans les règles de l'art. Et au regard des circonstances depuis au moins un an, on peut dire que les agents sont en demande de sécurisation. C'est aussi un dispositif qui n'est pas très coûteux, beaucoup moins que des caméras embarquées dans des véhicules, avec des liaisons satellites ou autres. Donc c'est du bon sens, les circonstances font que ça passe bien, et je pense qu'il n'y a pas de division politique autour de ces questions."

Toujours est-il que la caméra piéton, expérimentée depuis plusieurs années par la police nationale, ne règle pas l'autre grande revendication des agents municipaux : le port de l'arme pendant leur service.

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