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La commission d'enquête du Sénat demande des poursuites pour "faux témoignage" contre Alexandre Benalla

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

La commission d'enquête du Sénat qui travaille sur l'affaire Benalla a réclamé ce mercredi que des poursuites judiciaires soient engagées contre Alexandre Benalla et Vincent Crase, pour "faux témoignage".

Alexandre Benalla lors d'une audition par la commission d'enquête du Sénat, le 21 janvier 2019.
Alexandre Benalla lors d'une audition par la commission d'enquête du Sénat, le 21 janvier 2019. © Maxppp -

La commission sénatoriale qui enquête sur l'affaire Benalla depuis le 23 juillet dernier a rendu ce mercredi ses conclusions (voir document ci-dessous). Elle demande des poursuites judiciaires contre l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron et contre Vincent Crase, pour "faux témoignage". Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables à l'Elysée, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, les soupçonnant d'"omissions, incohérences" et "contradictions".

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Des faits passibles de cinq ans de prison pour Benalla

Concernant Alexandre Benalla, ancien chargé de mission à l'Elysée, les membres de la commission d'enquête estiment que "contrairement à ses affirmations, (il) assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l'Etat". Ils épinglent aussi ses déclarations sous serment sur ses passeports diplomatiques. Alexandre Benalla et Vincent Crase, ex-employé de LREM et ex-gendarme réserviste en fonction à la présidence de la République, sont aussi soupçonnés d'avoir menti sur les contrats de sécurité privé négociés avec des oligarques russes.

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"Tout témoignage mensonger devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende", rappellent dans leur lettre le président de la commission Philippe Bas et les deux corapporteurs, Jean-Pierre Sueur et Muriel Jourda.

L'Élysée jugé responsable de "dysfonctionnements majeurs" 

La commission a par ailleurs durement mis en cause l'Élysée. "La sécurité du président de la République a été affectée", a affirmé le président de la commission d'enquête Philippe Bas. "Il ne fait nul doute que la présence et l'interférence d'un individu relativement peu expérimenté et soucieux d'affirmer son autorité dans un milieu de professionnels aguerris, sélectionnés et formés, ait pu constituer une source de dysfonctionnements et un facteur de fragilisation du dispositif de sécurité du président de la République", a précisé la commission. Elle souligne également "l'incompréhensible indulgence de la hiérarchie" et de "graves défaillances" dans la gestion du retrait des avantages accordés à Alexandre Benalla, dont ses passeports diplomatiques.

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Les trois auditions des responsables, proches collaborateurs d'Emmanuel Macron, ont permis à la commission de bénéficier "d'utiles informations", mais elles ont "également mis au jour dans leurs déclarations un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions". Ces trois hauts responsables "ont retenu une part significative de la vérité à la commission", notamment "sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla", juge la commission, qui demande au Bureau du Sénat "de saisir le ministère public", qui pourra "procéder aux investigations qu'il jugera opportunes afin de déterminer s'il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations"

Tirant les enseignements de son enquête, la commission a enfin formulé treize propositions destinées à faire en sorte que de tels "dysfonctionnements" ne se reproduisent pas.

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"Beaucoup de contre-vérités" répond le gouvernement

Interrogé sur ce rapport d'enquête à l'issue du Conseil des ministres le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a dénoncé "beaucoup de contre-vérités". "L'Élysée aura l'occasion d'apporter des réponses factuelles sur manifestement beaucoup de contre-vérités qui se trouvent présentes dans le rapport" sénatorial, a-t-il déclaré. 

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Benalla est prison

Alexandre Benalla a été placé en détention provisoire, mardi soir. Il lui est reproché d'avoir violé son contrôle judiciaire, qui lui imposait notamment de ne pas rencontrer Vincent Crase, l'autre personne mise en cause dans l'affaire des violences présumées du 1er mai à Paris. Mediapart a en effet transmis à la justice un enregistrement clandestin daté du 26 juillet, dans lequel on entend une conversation entre les deux hommes, alors que leur contrôle judiciaire leur interdisait de communiquer.

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