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Faits divers – Justice DOSSIER : Violences à la fac de droit de Montpellier

La compagne d'un professeur, personnage central des violences commises à la fac de Droit de Montpellier

jeudi 13 septembre 2018 à 16:09 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault

Point presse du procureur de la République de Montpellier ce jeudi suite aux violences commises à la faculté de Droit en mars. La compagne d'un des enseignants, lui-même mis en examen dans cette affaire, apparaît comme un personnage clef de ce dossier où l'on retrouve également l'extrême-droite

Christophe Barret en conférence de presse ce jeudi matin
Christophe Barret en conférence de presse ce jeudi matin © Radio France - Salah Hamdaoui

Montpellier, France

"Les investigations ont été très minutieuses et très nombreuses" tient à préciser Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier, lors d'une conférence de presse ce jeudi matin. Près de six mois après les violences commises dans un amphi de la faculté de Droit contre des étudiants en grève, huit personnes ont été interpellées mardi matin, notamment dans les milieux d'extrême-droite.

Ces personnes-là se sont joint par téléphone, soit par conversation, soit par message, et elles déclarent qu'elles se connaissent notamment dans le cadre d'activités qu'elles ont pu avoir et qui seraient proches de ce que certains qualifient de mouvements nationalistes ou régionalistes - Christophe Barret

A l'issue des gardes à vue, deux d'entre elles ont été remises en liberté sans être inquiétées, faute d'éléments suffisants. Les six autres ont été déferrées devant la juge d'instruction. Parmi elles apparaît un personnage clef de cette affaire : la compagne de Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur de droit, lui-même mis en examen dans les jours qui ont suivi l'opération commando pour complicité d'intrusion et complicité de violences en récidive.

Elle a été en lien avec tous les membres du groupe qui ont commis des violences

En garde à vue, sa compagne âgée de 47 ans a déclaré avoir "réunit un groupe de personnes", car à sa connaissance la situation était "dangereuse" à l'intérieur de l’amphithéâtre occupé et qu'il fallait donc intervenir pour l'évacuer. Avec son téléphone portable, elle appelle plusieurs personnes pour leur demander de venir. Parmi ces personnes, des sympathisants de la Ligue du Midi, groupuscule régionaliste qui se dit "identitaire, patriote et citoyen". Des gens qui "fréquentent les milieux nationalistes et régionalistes mais qui ne revendiquent pas être intervenus au nom de leur mouvement" précise Christophe Barret.

Même si c'est politiquement incorrect, j'ai envie de vous dire que quand on met en balance des cours qui se sont tenus, des examens qui se sont tenus et qui auraient pu ne pas se tenir, plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts qui ont été évités et quelques coups de planches dans les fesses, eh bien on voit tout de suite de quel côté penche la balance- Me Vérine, l'avocat de Jean-Luc Coronel de Boissezon

La compagne de Jean-Luc Coronel de Boissezon, mise en examen pour complicité d'intrusion, a indiqué aux enquêteurs qu'elle avait agi de sa propre initiative, sans lien direct avec son compagnon. D'autre part, il n'était question de déloger les étudiants avec violence, selon elle. Les investigations futures permettront de "vérifier si ces allégations sont conformes à la réalité" prévient le procureur de la République.

Lattes de bois et pistolet à impulsion électrique

Quatre autres suspects sont mis en examen pour violences aggravées par trois circonstances : en réunion, avec arme (lattes de bois et pistolet à impulsion électrique) et avec dissimulation (cagoules pour certains). Parmi eux, un militaire à la retraite de 61 ans, sans antécédents judiciaires. Lui était à visage découvert et il rapporte que Philippe Pétel a donné le feu vert au groupe en lançant "c'est le bon moment pour intervenir!" Tout comme Jean-Luc de Boissezon, Philippe Pétel, le doyen de la faculté, a été mis en examen dès le mois de mars pour complicité d'intrusion et complicités de violence. "Il a peut-être dit que c'est le bon moment pour intervenir" concède son avocate Me Iris Christol, mais dans le même temps "je constate qu'il n'a ni organisé, ni souhaité les violences, car aucune des personnes mises en examen ne font partie de son entourage".

Dans ses déclarations initiales Philippe Pétel indiquait qu'il pensait que c'était le GIGN qui intervenait- Le procureur de la République

Un homme de 59 ans, sans profession ni antécédents judiciaires, admet s'être servi d'un pistolet à impulsion électrique contre un étudiant. L'arme qui n'a pas été retrouvée lui a été remise, dit-il, dans l'amphi sans préciser qui lui a donnée. Deux autres membres du groupe, âgés de 24 et 57 ans, réfutent avoir participé aux violences.

Enfin, il reste Martial Roudier, 38 ans, un des fils de Richard Roudier, président de la Ligue du Midi. Malgré les relevés téléphoniques, il conteste formellement avoir été présent sur les lieux ce soir-là. Son casier judiciaire comporte six condamnations entre 1999 et 2013, principalement pour violences, la dernière étant de deux ans de prison ferme.

Pas d'autre enseignant impliqué

Le procureur de la République précise qu'il reste "une ou deux personnes qui ont fait partie du groupe qui a commis les violences et qui à cet instant ne sont pas identifiées. Il s'agirait de personnes plutôt jeunes". Et il insiste sur le fait qu'"à ce stade de l'enquête, aucun autre enseignant n’apparaît être impliqué", en plus des deux qui sont déjà mis en examen et suspendus de leur fonction depuis le mois de mars.