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Faits divers – Justice

La Corse solidaire de l’Aquarius

mardi 12 juin 2018 à 8:51 Par Hélène Battini, Didier Arnoux et Pierre-Louis Sardi, France Bleu RCFM

Les responsables de la Collectivité de Corse ont proposé l'ouverture d'un port insulaire pour accueillir l'Aquarius. Ce navire de SOS Méditerranée arrêté en mer entre Malte et l'Italie avec 629 migrants à bord.

Les responsables de la Collectivité de Corse ont proposé l'ouverture d'un port insulaire pour accueillir l'Acquarius.
Les responsables de la Collectivité de Corse ont proposé l'ouverture d'un port insulaire pour accueillir l'Acquarius. © Radio France - Radio France

Corse, France

Ce mardi les dirigeants nationalistes corse ont proposé l’hospitalité de l’île aux 629 migrants en difficulté, bloqués en pleine mer Méditerranée entre Malte et l’Italie qui refusent de les accueillir. L'Espagne s'est proposée, via le Port de Valence, « un signe très positif » tweete SOS Méditerranée, « mais l’atteindre prendrait plusieurs jours ». Avec 629 personnes à bord et une météo qui se détériore, la situation risque de devenir critique. « 1 300 km et 3 jours de transport risquent de fragiliser le navire » selon l’ONG. Ce lundi soir, le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni s’exprimait sur les réseaux sociaux.

Ce mardi, le président de l'Exécutif, allait plus loin sur notre antenne. « Les valeurs d'hospitalité de la Corse font que l'île ne peut rester passive » selon Gilles Simeoni.

Gilles Simeoni, président de l'Exécutif de Corse. - Radio France
Gilles Simeoni, président de l'Exécutif de Corse. © Radio France - bleurcfm

Gilles Simeoni

Des contacts avec la préfecture de Corse ? 

« Pas de contact pour l’instant, nous prenons cette initiative, je vais appeler la préfète dès ce matin, les autorités françaises restent silencieuses, la Corse ne veut pas assister de manière impuissante à ce drame qui est en train de se jouer à quelques centaines de kilomètres de chez nous, les états et l’Europe doivent prendre leurs responsabilités , nous nous les prenons ! »

« Il faut faire ce que la conscience nous dicte de faire, même si nous sommes en dehors de nos compétences… Ne rien dire c’est être complice d’un drame, nous ne nous y résoudrons pas…c’est dans la droite ligne de nos valeurs et le sens de notre engagement. »

Jean-Guy Talamoni, invité de la rédaction de RCFM en direct ce mardi.

Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse - Radio France
Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse © Radio France - bleurcfm

Jean-Guy Talamoni

Qui décide ? 

« Juridiquement cela ne dépend pas de notre compétence bien entendu mais dans la vie il n’y pas que le droit, il y aussi les responsabilités… Dans cette affaires les autorités d’Etat en France ne se sont pas encore positionnées, il ne s’agit pas de donner des leçons mais il y a un problème humanitaire, quelqu’un doit dire quelque chose ne serait-ce que pour inciter les responsables à prendre position. Compte tenu de la localisation du navire, de l’état de détresse de certains passagers, de nombreuses femmes enceintes, des enfants en bas âge, Valence est trop loin…La première des choses est de porter secours. Ne rien dire alors qu’un drame ne se joue, finalement pas loin de la Corse, n’aurait pas été une bonne chose, contraire à ma vision des responsabilités politiques, ma conviction personnelle et mes adhésions spirituelles. J’ai jugé qu’il fallait une proposition, qui n’engageait que moi, mais qui a permis à certains de se positionner. »

Un coup de communication ?

« C’est _indécent de parler de communication lorsque des vies humaines sont en danger_…Je ne réponds pas aux réseaux sociaux, je réponds à ma conscience, je suis un responsable politique un être humain. Je peux comprendre que certains réfléchissent encore. J’ai appelé la préfète pour l’informer de la position que nous avions prise dans la nuit et attendre une réponse de la part des autorités d’Etat, mais il faut passer à l’action lorsqu’il y a des vies en danger. »

Mettre les autorités en difficulté ? 

« Certainement pas, les calculs politiciens n’ont pas leur place dans ce genre d’affaires, je trouve insultant de le suggérer. »

L’Europe a décidé que l’Aquarius se rendrait à Valence, est-il opportun de suggérer l’ouverture des ports corses ? 

« Le trajet jusqu’à Valence est extrêmement périlleux, je ne pense pas que cette proposition corse soit à côté de la plaque, pas du tout, elle est dans le débat et il va falloir le trancher. Je pense qu’il est utile que les responsables politiques prennent la parole quand il se passe quelque chose comme ça, ne pas le faire c’est manquer à ses responsabilités. Je peux comprendre les hésitations, en ce qui me concerne j’ai fait une proposition cela s’arrête là. »

Ce mardi le gouvernement n’aura pas eu le temps de répondre à cette initiative ou de prendre position, décision a été prise de transborder les migrants sur des navires italiens afin de les conduire en Espagne.