Faits divers – Justice

La cour d'appel de Dijon lève la mise en examen d'un instituteur de Genlis suspecté du viol d'une fillette

Par Christophe Tourné et Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne et France Bleu mercredi 15 novembre 2017 à 11:27 Mis à jour le mercredi 15 novembre 2017 à 18:43

L'instituteur de Genlis mis en cause pour le viol d’une élève de maternelle de 4 ans
L'instituteur de Genlis mis en cause pour le viol d’une élève de maternelle de 4 ans © Maxppp - Stéphane Rak

La cour d'appel de Dijon a décidé ce mercredi de lever la mise en examen d'un instituteur de Genlis, suspecté de viol sur une fillette de 4 ans. Cet homme de 43 ans, qui nie les faits, a été placé sous le statut de témoin assisté.

L'affaire avait fait grand bruit à Genlis et même un peu partout en France. Éric P., cet instituteur remplaçant de 43 ans, accusé de viol par une fillette de 4 ans de l'école de la Chenaie le 14 novembre 2016 vient de voir sa mise en examen levée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon. Il obtient ce que son avocat, maître Claude Llorente, avait demandé à l'audience mi-octobre, à savoir: le statut de témoin assisté. Une première victoire pour cet enseignant, marié et père de famille. Car en clair, explique son conseil "cela signifie qu'il n'existe plus aucune charge grave et concordante qui laisserait penser que l'instituteur a eu un rôle quel qu'il soit dans le viol de l'enfant". Ce sont des analyses ADN, qui ont mis en évidence une tâche de sperme dans la culotte de la petite victime, qui ont relancé l'affaire. Ce sperme n'appartient pas à l'enseignant mais à un membre de la famille de l'enfant.

La bataille judiciaire se poursuit, l'enseignant veut désormais obtenir un non-lieu

L'enseignant explique que "ce statut de témoin assisté est un vrai premier pas pour la reconnaissance de l'innocence. Maintenant, j'attend que cette histoire soit définitivement terminée, c'est à dire que l'on soit au bout de l'enquête, au bout des investigations, que toute la vérité soit faite". Éric souhaite que le coupable de cette tragique agression soit confondu. "Parce que si on ne trouve pas le coupable -puisqu'il y a eu une agression sur cette petite- il restera un sentiment de doute et de soupçon... Trouver le coupable est le seul élément qui pourra prouver mon innocence". Le combat continue pour Éric qui veut décrocher un non-lieu et que "tout soupçon soit levé pour pouvoir tourner la page".

Éric, un homme presque heureux. Maintenant, pour sa famille, pour ses enfants, pour ses proches, pour lui bien sûr, il souhaite obtenir un non-lieu - Radio France
Éric, un homme presque heureux. Maintenant, pour sa famille, pour ses enfants, pour ses proches, pour lui bien sûr, il souhaite obtenir un non-lieu © Radio France - Thomas Nougaillon

"Cela signifie que l'institution judiciaire reconnaît qu'elle s'est trompée" selon maître Llorente

Maître Claude Llorente, du barreau de Paris, est un avocat spécialisé dans les erreurs judiciaires. Pour lui cette obtention du statut de témoin assisté est "la meilleure nouvelle que l'on pouvait attendre et qui ouvre la porte à d'autres combats". "Cela signifie que l'institution judiciaire reconnait qu'elle s'est trompée, c'est une première reconnaissance d'une sorte d'erreur judiciaire" explique t-il. Et l'avocat de poursuivre. "Maintenant il faut qu'un magistrat instructeur prenne à bras le corps cette affaire pour qu'un accusé à tort soit définitivement innocenté et qu'un éventuel coupable soit sanctionné si nécessaire" précise t-il.

Éric, l'instituteur, témoigne de sa volonté de continuer le combat

Maître Llorente

Maître Claude Llorente, le conseil d'Éric - Radio France
Maître Claude Llorente, le conseil d'Éric © Radio France - Thomas Nougaillon

L'enquête se poursuit avec peut-être d'autres mises en examen à suivre

Selon Éric Mathais, procureur de la république de Dijon, ce placement de l'enseignant sous le statut de témoin assisté, ne change rien à l'affaire. "L'enquête se poursuit, elle est conduite par un juge d'instruction qui délivrera sûrement d'autres commissions rogatoires". Cela veut dire que "d'autres personnes sont susceptibles d'être placés en garde à vue et peut-être -s'il y a des éléments- d'autres personnes seront mises en examen". Rappelons que le viol sur mineur avec circonstances aggravantes est passible de vingt ans de prison.

Éric peut reprendre son métier d'enseignant

En attendant, Éric P., lui peut souffler, il avait été remis en liberté fin mars après 4 mois de détention à la maison d'arrêt de Dijon et placé sous contrôle judiciaire. Un contrôle judiciaire levé également par la chambre de l'instruction. Cela signifie qu'il peut désormais reprendre son métier d'enseignant. Il réfléchit à son avenir mais -toujours très secoué- il ne souhaite pas se retrouver de nouveau dans une classe face à des élèves.