Faits divers – Justice

La construction d'un nouveau quartier sur la mer à Monaco inquiète

Par Violaine Ill, France Bleu Azur mercredi 7 septembre 2016 à 6:00

Monaco prévoit une nouvelle extension en mer.
Monaco prévoit une nouvelle extension en mer. © Maxppp - .

Le scientifique Alexandre Meinesz, biologiste à l'Université de Nice Sophia-Antipolis, redoute la destruction définitive des fonds marins proches du littoral suite à la construction d'un quartier sur six hectares gagnés sur la mer à Monaco.

Le gouvernement monégasque va construire un nouveau quartier à vocation résidentielle en créant un sol artificiel sur 200 mètres gagnés sur la mer.

Il s'agit de construire en continuité du littoral sur l'anse du Portier des immeubles de logements et des commerces (sur 60 000 m² de surface), une colline avec un parc et un port. Un mur de 500 mètres de long sera installé pour protéger une zone de remblai réalisée avec des caissons de 26 mètres de hauteur pesant 10.000 tonnes chacun.

  Ce projet d'urbanisation en mer inquiète le professeur émérite Alexandre Meinesz

Pour Alexandre Meinesz,  biologiste et spécialiste de la Méditerranée : les monégasques vont continuer à détruire les petits fonds marins par recouvrement.

"Ces petits fonds marins sont une spécificité de la Méditerranée."

"Les fonds  sont très vite très profonds et il y a une petite bordure près du littoral que l'on appelle les petits fonds marins : il s'agit d'une véritable nurserie avec 500 espèces d'algues et des milliers d'organismes marins et des petits poissons... plus loin les fonds sont très importants."

"En recouvrant ces petits fonds  on va réduire la biodiversité. Ce ne sont pas les travaux  qui sont les plus dangereux . Les travaux et les pollutions n'ont qu'un impact temporaire ce n'est rien à côté de cette destruction par recouvrement" Le professeur Alexandre Meinesz ajoute :  "Cet ouvrage va amplifier cette destruction irréversible. Monaco a déjà détruit, avec neuf ouvrages par recouvrement, 81 % des petits fonds marins entre 0 et 10 mètres et 60 % entre 10 et 20 mètres."

Le gouvernement monégasque assure prendre des mesures de protection de l'environnement

Jean Luc N'guyen est chargé de mission à l'urbanisme pour le gouvernement monégasque. Il affirme qu'un comité d'experts scientifiques a été constitué en vue de faire des propositions au constructeur pour à la fois " préserver la zone protégée du Larvotto des effets du chantier " et pour "recréer un habitat artificiel novateur en remplacement des zones remblayées."

Les travaux vont durer 10 ans dont quatre années pour mener à bien le chantier du sol artificiel.

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