Faits divers – Justice

La demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage rejetée

Par Eric Normand, France Bleu Orléans et France Bleu vendredi 12 août 2016 à 11:04

Jacqueline Sauvage va rester en prison
Jacqueline Sauvage va rester en prison © Maxppp - J Dutac

Jacqueline Sauvage ne sera pas remise en liberté conditionnelle. Le tribunal d'application des peines de Melun a rejeté ce vendredi sa demande selon la procureure de la République de Melun. La loirétaine, condamnée en appel à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent, reste incarcérée.

La demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage a été rejetée ce vendredi matin par le tribunal d'application des peines. Le parquet s'était pourtant dit favorable à cette libération. Jacqueline Sauvage a été condamnée en appel en décembre dernier à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari qui la battait depuis des années. A deux reprises, devant deux cours d'assises, elle avait été reconnue coupable d'avoir tué, en 2012, son mari violent de trois coups de fusil à La-Selle-sur-le-Bied dans le Loiret. Cette femme de 68 ans a ensuite été graciée par François Hollande. Il s'agissait d'une grâce partielle.

C'est au sein de la maison d'arrêt de Réau en Seine-et-Marne où elle est emprisonnée que le tribunal d'application des peines a siégé ce vendredi pour rendre sa décision sur la demande de libération conditionnelle. Jacqueline Sauvage avait quitté la maison d'arrêt de Saran, elle avait été transférée à Réau début février pour subir une expertise psychologique et médicale. Une expertise destinée à évaluer sa dangerosité. Le procureur de Melun et le directeur de la prison de Réau étaient favorables à cette libération. En revanche, une commission composée de magistrats, d’avocats et de représentants de l’Etat avaient émis un avis négatif. Il n’était que consultatif mais peut-être a-t-il influencé la décision.

Ses avocates vont faire appel de cette décision

Les expertises psychiatriques avaient pourtant donné un résultat positif. Dans une décision d’une quinzaine de pages, le juge d'application des peines reproche à Jacqueline Sauvage "de ne pas avoir confirmé qu’elle avait finalement choisi de commettre ces faits et de ne pas assez s’interroger sur son acte", selon Me Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Et les avocates d'ajouter que "dans le rapport, il est précisé que la notion d’interdit n’apparaît pas encore vraiment intégrée par Madame Sauvage. Le sens de la peine lui échappe et elle a été confortée dans cette position par les soutiens dont elle a bénéficié, l’évolution très rapide de sa situation pénale et la médiatisation de son affaire."  Jacqueline Sauvage n’aurait pas suffisamment travaillé sur sa responsabilité personnelle.

Ce qui a pu jouer aussi dans la décision, c'est l'avis défavorable donné par un procureur du Loiret où habite l'une de ses filles chez qui elle avait prévu de s'installer.

"Il est précisé qu'elle ne peut prétendre vivre à proximité des lieux des faits (son nouveau domicile aurait été situé à 15km des lieux du meurtre), dans un environnement qui compte tenu des soutiens dont elle bénéficie risquerait de la maintenir dans une position victimaire", ont expliqué ses avocates lors d'une conférence de presse.

"C'est une décision incompréhensible et choquante", ont dénoncé les avocates au cours de cette conférence de presse. "On a voulu appliquer une position politique qui ne tient pas compte de l'intérêt particulier de Jacqueline Sauvage. C'est un acharnement judiciaire qui est la conséquence d'un bras de fer de l'institution judiciaire qui ne veut pas accepter la grâce présidentielle", ont-elle ajouté.

Les avocates de Jacqueline Sauvage et le parquet ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient faire appel de cette décision. Ils ont 10 jours pour le faire, l'affaire Jacqueline Sauvage devrait encore durer plusieurs mois.

Cette décision du tribunal a déjà fait réagir ses soutiens qui protestent contre son maintien en détention. Depuis sa condamnation, Jacqueline Sauvage est devenue le symbole des violences faites aux femmes. Une pétition pour sa libération a même recueilli plus de 400.000 signatures.

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